vendredi 9 mai 2008
jeudi 8 mai 2008
L'excalibur de Michel
Tout se passe, se conditionne dans l'ordre du ressenti, de la découverte après-coup, bien entendu. D'où les larmes et les fugues. Le criminel analyse le geste de son assassinat une fois le procès achevé, la sentence infligée, là-bas, derrière les barreaux de sa cellule. Il revit l'erreur, mais encore, une certaine justification de sa colère, selon sa vérité, le film de son égarement. Le mal aimable est mal-aimé. Cependant, comment outre passer les blocages et les doutes, sans un certain coup de pied au cul percutant la logique immuable d'une routine mal empruntée. Je vois le futur de cette planète, sans m'en encenser, je suis juste un artisan lorsque les forces cosmiques entrent en moi, par cession, par invitation à collaborer à la manifestation des œuvres. Parfois, lorsque j'observe les humains déambulant dans la rue, m'essayant de percer dans leur regard, de m'introduire dans leur boîte crânienne et de déceler, ce pourquoi ils vivent, ils meurent, je m'insurge en me maudissant d'un certain dolorisme, m'alliant de fait à cette multitude du néant. Le dolorisme, ou une certaine forme de flagellation, peut-être une configuration de salut si celle-ci n'est pas répétitive; trop souvent on perpétue sa chimère merdique, uniquement pour le plaisir de s'auto meurtrir, alors que s'abstenir de soi, ne serait-ce quelques minutes, est bien nécessaire pour la compréhension du monde, de cette foule en mouvement, de ces "people" en insuffisance d'une certaine vision de l'univers.
C'est un peu comme être sur un lit, allongé, paisiblement crois-t-on; dévisager l'œil dans le firmament, son propre iris qui nous observe depuis la naissance et ne rien en tirer.
Somnolant sur ce matelas bien confortable, le regard, son mystère, nous invite à découvrir toute l'ergonomie, toute la science-fiction d'une pièce de musique classique. Entendre une cantatrice intérieure sur cette douce combinaison, sommier-matelas, pousse, catapulte, dans la logique de sa liberté, celui qui demeure en moi, enfin me lever, me redresser, dû à la musique classique; ces violons et autres pianos mélancoliques jouant à l'unisson, complices avec l'œil dans cet azur m'ordonnant; "va lève-toi, entreprend ton œuvre, tu es également invité à la représentation de ce que je suis dans ton monde nécessaire, succinctement nécessaire, de chair et de sang. Comprends-tu, enfant, ami, fils…"
Puis, se lever, aller à la cuisine, se servir un verre de vin, se mettre au travail, ruminer, ou plutôt revenir sur la couche épaisse de merdologie interne, sur l'ensemble des dégueulasseries ayant perverti l'âme, puis, mettre en place une tactique de langage singulier, personnel, uni avec la vue, afin d'être le porte parole de ces gens, de ces "people"; rectifier la médiocrité ambiante des villes, des ruralités oubliées. Parler d'une seule voix. Je suis la ruralité, la ville, ce corbeau qui s'envole, je suis l'homme allongé qui observe le vent caresser les arbres, juste un ton en dessous de cette vision restreinte de l'œil dans le ciel.
Cet œil, c'est mon père, ma mère et moi. Je cogite, alors qu'ils m'attendent. Comment synchroniser la folie et l'avatar terrestre. Être son psychologue peut-être dangereux, cependant, cela ouvre un certain degré de conscience extrêmement jouissif, en lieu et place des gueulements et autres beuveries orales de l'abruti pas encore embrasé par le mystère de l'œil, l'énigme du corbeau. La signification de tout ceci, vient peut-être d'une conduite personnelle à soulager l'humanité par une voie radicale et différente des âneries habituelles télévisuelles. Je m'amuse simplement, comparé à cette foule criarde, bavarde, dans le lit pur et clinquant d'un silence profond, musical, de cette voix magnifique me chantant malgré tout que je viens de, pour aller vers…
Pouvoir allier la philosophie personnelle, non éditée, la technologique, gratuite, mondiale avec certaines insultes qui s'infiltrent. Rien à foutre de la transformation subite, pourtant, remercier la prise de conscience rédemptrice de ces écrans aux chaînes multiples, ces carrés animés qui m'ont fatigué depuis mon plus jeune âge. Je me suis construit dans le silence et fus obligé de grandir, d'évoluer malgré cette carence de quiétude au milieu des hurlements les plus vils, les plus cinglés. Imaginer cette putain de merde, la fosse septique interne me destabilisant de mon calme originel, ce pourquoi, j'étais fait à la base. C'est tout un travail de nettoyage devant s'opérer afin de ne pas crever. En fait, c'est finalement entrevoir l'œil dans le ciel et le remercier, aller de l'avant, comprendre qui l'on est. Dévisager à chaque claquements d'ailes, d'envolée horizontale qu'il est possible d'être cet oiseau, comme il est envisageable d'être l'amant de la femme aux boucles blondes.
Ou est-elle d'ailleurs, cette Orphée imaginaire qu'en aucun cas je n'aurais, que jamais je n'obtiendrai à mes côtés. Seul le bruit de la ville m'en a délivré le concept. Pouvoir sortir d'un certain univers pour s'apercevoir d'un antagonisme qui nous est supérieur dans notre personnalité, se mutant en une entité pleine et réalisée.
Ce nous, Orphée, cet œil, ce corvidé noir s'envolant, c'est un peu comme si, j'étalais mes ailes, loin, là-bas, jusqu'au cimetière de mon enfance, ou mon père me souriait au loin, alors que je cherchais un espace, un petit trou dans une tombe pour contempler, m'interroger et comprendre. C'est ainsi que les hommes m'ont extrait du silence des cimetières, afin d'essayer de m'intégrer dans un boucan, assassinant l'œil en moi. Longtemps j'ai haï les hommes, abondamment j'ai recherché Orphée, je la cherche encore, peut-être la trouverai-je enfin dans les bras du monde sans forme. Peut-être, serais-je triste de la découvrir maintenant, alors que je me suis habitué à tant la rechercher, l'imaginer, la matérialiser dans mon cerveau. Comme l'Archange Michel, mais ceci s'avère être une autre histoire, un autre récit bien encré sur le sol, incarné non en folie pure, mais en acte concret. Mentionner un Archange, demande de la préparation, de la justesse, de la finesse, car il n'appartient à personne mais au cosmos tout entier. Orphée s'avère être le parallèle de ma situation personnelle, ma chimère de l'enfance, de l'adolescence saloparde me menant aux visions magnifiques, quelquefois pesantes, de l'homme que je suis aujourd'hui.
De nouveaux combats se préparent, c'est indéniable. Le globe, l'observation demande de se tenir prêt à encaisser, cependant, recevoir pour évoluer, avec une vigilance claire sur ce que la difficulté procure. Je le répète, souffrir pour faire beau me fait chier. Je préfère l'œil, Orphée et ce programme bionique à évoquer dans la douceur, la grandeur de l'Archange Michel. Ce compagnon de l'enfance, me protégeant contre les salopes démoniaques qu'il est inutile de nommer. Un jour, j'en ferai la mention, quoique, c'est si peu important. Faire le lien entre philosophie www. et roman, travail du jour. Le 9/17, tant dénigré par millions d'insectes humains, ruminant, au lieu de transformer cette grâce du travail répétitif, en application de la métamorphose du moi.
Ces connards routiniers me font gerber, je les vomis d'une gerbe bien pâle. Non pas un dégueuli d'après cuite, mais, plutôt un crachat expectorant pollué, un trop plein coincé dans les bronches, une couche d'air compliquée à éjecter; paradoxalement avec ce désir terrible de les secouer, de leur montrer l'œil; eux aussi ayant le leur dans le ciel, ne l'ayant pas encore entre aperçu. Une sorte de lien code génétique composé de ce sourire au visage perché dans le grand là-haut.
Enfin se réjouir du 9/17, le chanter, le louer, rentrer à la maison, dans la grâce d'une solitude habitée, non subie, puis allumer la télé, dégainer un calibre à la Mesrine et faire péter de mille rafales le tube cathodique, empestant les milliards de neurones avides d'autre chose, mais, prisonnières des geôles de l'écran et de cette dépendance du doigt sur la télécommande. Tout foutre en l'air, enfin connaître cette liberté de pisser sur le commentateur de je ne sais quoi. Devenir le desperado recherché par la police des télévisions Françaises, un sacré titre. Esquiver, se doucher, s'endormir, certain de sa démarche de folie incarnée, bizarrerie présente sous forme de politesse, d'élocution costume-cravate bien sous tous rapports, puis, se lâcher, invectiver avec la seule mission d'évoluer vers l'œil dans le ciel. Le même iris aperçu lorsque je compacte mes yeux, une fois le regard d'argile éteint pour la nuit. Cette fragilité détenue par la nuit, présente, travaillant à notre réparation, au retour, au silence initial, au décrassage citadin et tous les mensonges ingurgités ça et là, j'en ai besoin comme de l'eau.
Je m'endors au milieu de tous ces gens, leur apporte assistance sur la vision du globe, puis m'abandonne dans les bras de Michel, d'Orphée et de l'œil. Le corbeau s'envole, j'atteins la zone…
Je commence à rêver. Un homme se tient près d'une station de métro parisienne, tout va très vite autour de lui, il attend seulement qu'une personne lui parle, le mentionne, le remarque, lui présente une main fraternelle. Personne ne vient, excepté moi, dans le conte de ma mémoire, cette chimère vécue des millions de fois dans la réalité de la capitale usante. J'approche, il ne sait pas encore que je suis à la fois, ce représentant de l'œil qui sauve, ce corbeau qui survole les foules anonymes, s'effaçant de leur destinée propre. Autour, on me dévisage, on me goûte, on me qualifie déjà en silence de fou; j'accélère donc dans cette nébuleuse démesurée de l'oubli de l'étreinte amicale, je tends ma main vers cet homme qui la prend fraternellement; soulagé, illuminant d'un éclat soudain son visage par la pression de deux paumes humaines. Rien à dire sur cette scène alors que je sommeille profondément dans ce bruit entourant nos deux corps inconscients, nous sourions mutuellement.
Son nom est Henri Sémar. Je ne le connais pas, en même temps, le perçoit depuis toujours, du temps ou j'étais enfant dans les cimetières de l'origine. Il a vu l'œil, le corbeau, peut-être même ma quête d'Orphée, ce diamant féminin inaccessible, je dors et contemple le bonheur de ce retraité; lui fut heureux du 9/17, le sortant d'une isolation, d'une désocialisation coriace. Le 9/17 lui manque terriblement, cependant, il interprète le mystère de l'œil. Aujourd'hui, je suis le seul être humain à lui serrer la main, dans cette joie particulière, la vision grandiloquente du ciel, nous dévisage, Michel se tient sur le côté avec son excalibur céleste, veillant à mon sommeil reposant, surveillant à ce qu'Henri Sémar ne manque de rien, obtient toujours cette apathie de l'homme qui va vers l'homme, muni du contact de la droiture de la main.
Je dors et l'éclat scintillant de l'excalibur de Michel, installe son protectorat, en médiateur avisé millénaire, sur le mystère de l'œil et mon âme en repos terrestre. Je dors et je vois en panoramique, tout ceci, à l'intérieur de mon concept crânien, et même au delà, voir encore plus loin, dans l'indescriptible infini.
jeudi 1 mai 2008
L'erreur
Voilà. Je suis sous l'arbre de mon enfance, un joli poirier, j'observe les feuilles se balancer au gré du vent, emportant un peu plus loin ma mélancolie. C'est une belle image que je possède devant moi, elle détient une odeur de nouvelle naissance, paradoxalement, elle sent également la mort. Elle dégage le soufre certainement dû aux échecs de mon passé. Une panoplie des conséquences les plus imposantes influant sur un choix familial clair et précis, trajectoire empruntant une voie de célibat non désiré, encré dans une indécision d'être seul ou non. Qui faisons nous fuir avec nos attitudes suicidaires, si ce n'est l'harmonie d'un possible à deux, d'une paix globale de l'esprit de partage!?
Seul, je meurs sous mon arbre. Cette brise me laisse un goût amer dans la bouche. Mon Dieu, le voilà l'instant ou je prends conscience de mes fautes. Elles sont énormes, indigestes, je ne les désirais pas, pourtant je les ai commises et répétées. Dingue. Tomber, se relever, recommencer, rechuter, puis sombrer, se relever, ivresse du visage ne savant plus ou aller.
Mon Dieu! Je vois cet œil dans le ciel qui me regarde, me contemple dans l'état de panique extraordinaire ou je suis plongé, je désire l'œil, le globe sacré afin qu'il me soigne, me comprenne, me guérisse une fois pour toutes, qu'il me prenne dans ses bras; enfin, m'étreindre sans discontinuer, reboucher les trous, les manques, ce qu'il ne fut point comblé. Iris, vient, amène-toi, enlève-moi. J'ai épuisé toutes mes cartes, j'ai besoin de toi. Choisis, ou tue-moi, mais ne me laisse pas geindre sur les dilemmes de ma propre histoire, j'en ai assez de fléchir les genoux. Déprogramme ma mémoire, reconstruit-moi à ton image, celle de la perfection ultime.
Me voici, qu'Il soit fait selon ta parole…
lundi 28 avril 2008
Le jour où je devins autiste
lundi 21 avril 2008
Loin
C'est bien dans cette aménité qu'il est bon de subsister, de continuer à avancer parmi les suavités journalières, nous délivrant sur un plateau d'argent aussi reluisant soit-il, un plan séquence de notre existence, la preuve en image de nos vies coulantes telles un long fleuve tranquille, surabondamment placide peut-être. Il est des visions terrestres disponibles du haut de notre tour d'Ivoire, qu'il est impossible de décrire tant la beauté étalée devant nous est insaisissable, à peine perceptible dans sa signification la plus complète. Celle du pourquoi et du comment, tout ceci, ce gigantesque trésor s'offre à nous. Il n'est pas bon de s'interroger de la sorte. La mécanique miraculeuse n'est jamais en arrêt pour celui qui voit au-delà de la matière. Il me fut donné l'extrême privilège de pouvoir visualiser sa splendeur des années durant, cependant, avec la lente douceur du rose à mes pieds, de ses étincelles aux millions de pixels colorés, il est évident que la beauté peut assassiner ou embellir, au choix. Toute cette mixture, bien entendu, expérimentée sous la coupe indéboulonnable du doute le plus élevé, le fidèle allié de la remise en cause cérébrale permanente. Un exode dans le brouillard, telle fut, ma vie. Pourtant, ramper, quelquefois encore.
La solitude du trouble neurologique peut très bien accompagner la magnificence planétaire, qui, dans ces cas-là, isole l'homme, chair de son passé, carcasse adoubée confortablement à la représentation mondiale, citadine du carreau, d'une baie panoramique extraordinaire, totalement à l'opposé des espoirs humanoïdes contractés de l'intellect. Un rayon de lumière me caresse le portrait, baignant mon teint moyennant d’une paix mélancolique, paradoxale certes. Mais encore, lorsque cet homme, enfant de quatre millions de névroses comprit, que la longue, subtile et pernicieuse même, plongée dans le gracieux en solitaire, l’expédie vers un possible incertain en roue libre dans les affres d'une solitude inhabitée, se révélant à travers l'iris, scrutant les catacombes de son origine, celui-ci vit que les certitudes du passé sont inutiles. Précisément, debout, verticalité paysagiste sur l'horizon interminable, où le ballet des oiseaux d'aciers vont et viennent survolant le périmètre illuminé de Charles De Gaulle Airport, du haut de cette contemplation, je suis, je meurs, je vis.
De cette vue imprenable, la nostalgie de ma barre de béton, réminiscence de banlieue Est déchue, lorsque l'œil rivé en haut du bloc immonde longiligne dans sa forme, flirtant avec la beauté de ses dégradés, délivrant une similitude entre deux regards; celui de l'enfant, maintenant adulte, deux chocs envers les millions de destinations vers lesquelles allaient dans un ballet incessant, les grosses carlingues surfant sur les vagues du firmament, tantôt azuré, clair et limpide, autre fois tons gris, tempêtes et visibilité zéro.
Là ! C'est ici, considère, je m'observe dans ce rêve simultané aux ans séparés. Le départ est imminent. Assassiner la vue afin d'imaginer l'Amérique, se contrir au nouveau monde, en catapultant l'idée d'une famille dans un espace digne de ce nom. La déchue, fonction non-contemplative, l'improductive représentation humaine bloquée entre l'hésitation et le non-désir de penser, d'agir. Croire signifie être bien traité en toutes circonstances, en permanence sous l'apanage du miracle, de la connexion entre le ciel et la terre, instrumentalisé parmi la sphère la plus intime du médiateur quadrupède, le piètre représentant de sa majesté ici-bas dont je suis l'extrême singularité,. Dire oui, c'est oser. Oser, c'est vivre. Oser, c'est avancer et finalement laisser une porte ouverte sur sa mort. Oser c'est encore risquer, perdre, se heurter aux lendemains qui déchantent, préparer. Oser, c'est aussi prévoir de recevoir l'amour infini du cosmos, un cantique entier vous happant dans des bras particulièrement tendres, généreux, amoureux, chimique de la création théologique au travail, offert par ce temps qui n'est pas le nôtre. Comme une tempête de sang, guettant sur le bas-côté de l'existence, attendant le moment précis, adéquat au temps de l'hémisphère pour lancer la machine, cette matrice infernale, naphte vous enveloppant en toutes circonstances, protégeant à la façon d'archanges le programme du reste de mon devenir terrestre, vrille d'hémoglobine giclant à la tête, espérant le moment propice pour passer à l'offensive sur mon encéphale perturbé, pour enfin renaître.
C'est ainsi, avec la grâce de poursuivre, poussé par la folie des illusions sans réponses précises, qu'un ailleurs possible et non l'envisageable assassiné, daigne me prendre sous sa coupe, deçà l'aile divine de ma génétique, afin de m'inclure précisément au firmament de ma trajectoire, celle-là même, carencée de mon infâme sottise des années durant. Ceci étant terminé, j'accepte la guerre de l'inimaginable, de l'imaginaire fou, cinglé, remémorant la naissance, rétablissant ma condition charnelle à cette venue violente au monde, pour définitivement s'incarner ici et maintenant. Je prends la route, quitter ma vue stellaire à perte d'horizon, dans l'optique d'errer dans l'erreur, pour enfin caresser cette douceur inégalable, ce plaisir incommensurable de l'être qui se trompe.
Loin, je vois celui qui meurt et qui gît, loin, je vois les forceps m'extirpant de la clinique calamiteuse; loin ma mère souffrant, protégeant de son regard azur, d'un cobalt tendre et lumineux, le désiré, ne daignant pas soupçonner, dans cette fixation oculaire, cette pourriture de calvaire qui l'attend. Pardonne-moi, céruléen horizontal, je pars avec le goût du risque, t'emmenant avec moi à jamais, loin, là-bas, au-delà des frontières éloignées de la céramique existentielle. Loin, je vis. Loin, je laisse les larmes observer mes pertes, emportant peurs et doutes, déchets radioactifs annonçant les futures victoires de ma nouvelle genèse.
jeudi 10 avril 2008
Fuir avec le vent
S'écarteler, germer, du résidu des limbes
Tomber amoureux d'Orphée Bogdanov
Évasif, quelquefois, l'interrogation, conversion cynique
Surgit, passive, cosmos réunifié, contemplation
Atterrir dans les lieux ou personne n'attends
L'homme que je suis, ma place
Mon occupation terrestre, inutile, vaine, en sursis
N'être individu d'un dessein, soudainement
S'effondrer, puis, tel un répons, cantatrice dorée
Octave puissant, octosyllabe muter, devenir ce…
Format papier, Macintosh silver surfer, métal titane
Silicone syllabe, revêtir l'armure dorée, dégainer le calibre de l'empire
Scruter l'intérieur du canon
Celui-ci, croire, il s'exprimera en temps, en heure
Gauchistes allumés interdit d'interdire
Manifester professeur, parents, élèves, s'embrasser
Tous ensemble, ou sonder distinction nécessaire
Hiérarchie affaiblie, lynchage science, ergonomie
L'enseignante se faisant savater, pleurer l'éducation nationale
Usine en friche, elle quitte son village natal
Contemple, jeune idéaliste, voir comme elle émane
Prendre du recul, son visage, sa mort, est proche
Décéder dans l'anonymat le plus total
Sous silence du dogme républicain
Critique, le tueur creuse son sillon pénétrant le politiquement correct
Insurrection de base sous l'underground www.
Microphone tenace, dénonciateurs non autorisés
Show des vermines politiques répétitives
Prothèses d'états adoubant un Kosovo non-serbe
J'étreins ma femme, une fois encore, sait-on jamais
Expédier silicium Impono verre des soumis
Droguer l'animal, sous homme autorisant tout
Vomir nouveau marxiste médisant du troisième millénaire
Préférant l'origine scabreuse, illustre prédécesseur
Procréant cette merde, gangrène sociétaire
Consentie par république bien trop frêle
Manque testiculaire, décider, enfin consulter peuple
Finalement veau d'or, remplace l'hexagone endormi par
Ex premier ministre, prime time, mille fois shooté
Face caméra, ma batte s'égare, mains, fracasse hémicrânie
Puritaine bourgeoise, massacrée aristocratie, je te vengerai
Même, rien en commun, de droit éthique
Lié avec ton ADN
Eve, pullule, enseigne nouvelle révélation du pardon
Adam, préfixe libertaire, disséquer millions de reptiles
Onduler sol médusé, raffinerie
Vent balaye l'azur des plages au mazout bactériologique
Prévoir techno stellaire, Stella femme urbaine
Élever son enfant au rang de maître digne
Sans toit, prendre place sous joute socialiste, la fausse, l'hurlante
Bourgeoise, Inrocks, libération, enchaînement massif
Pensée unique obscure, telle combinaison noirâtre
Spiderman triade, tous victimes de la toile
Petit con, suis-je de… Fermer sa putain de gueule
Alors que lui argumente, décide, de quoi, de qui
Insupportable monologue des salopes convaincus
Le vent ne choisis point, oui, même toi, l'assassin, il viendra caresser ton visage. Un vieil homme sur un banc, goûte magnifiquement, d'un regard tendre et complice son brin de rameau, il le dissèque d'une plongée oculaire tridimensionnelle, troisième âge, au-dedans gît sa femme, corps invisible, combien de temps faudra-t-il? Perdurer seul, sans elle, compagne de toute une vie. Henri Sémar, voici son nom, se traîne, les douleurs s'animent, faire un pas devant l'autre une fois de plus, un décamètre, un petit peu, consommer un verre de vin, libérateur, il devient fade, lorsque les larmes viennent couler, simultanément, le rameau se fait nostalgie, pareillement, le végétal mélancolique offre une mutation corporelle, charnière physique, épouse autrefois compatissante de chair se matérialise spirituelle. C'est son présent, vif, succinct, Henri analyse qu'elle doit repartir. Elle est ici pour rassurer, préparation au grand saut. La loi du branchage est une épreuve, ce lieu de culte, autrefois à deux, juste avant le repas, il enfilait son veston, sa femme lui faisant avec complicité le nœud de sa cravate, une telle attention se paye par l'indicible, le remerciement, la tendresse, la compassion, d'un être à un autre. Caractériser sa condition survivante du banc. Des familles le frôlent, plusieurs contingents. Henri ne cesse de pénétrer la tige sacrée, salvatrice de ses globes en feu, flammes éclairant femme défunte. Elle, persévérante, temps consacré de l'autre côté du miroir, laps dont il a besoin, afin de greffer la perfection du geste, afin de nouer son nœud, seul, solo, à présent, dans l'interstice habité du petit appartement ou retraite finale il prend. La voix céleste s'intercale, prévient que l'étendue, période des états limitrophes pourtant séquencés ne sont point du ressort humain. Un jour, une cession, une occasion, pas maintenant, ou, peut-être bien que si, finalement, commandant, décréter, exit notre aplomb, excepté dans le péché du désespoir, geste pulsionnel, pulsatif, censé sauver, en fait avilissant. Henri, il va falloir temporiser dans l'infini de ton urbanisme, escorter les foules en amont, malgré les larmes, rivière lacrymale, attendre qu'Il te prenne, antérieurement, fuir avec le vent, réunifié parmi le code de ton avant naissance.
Majuscule éphémère du prénom
Parmi des millions, vieille carcasse appendice
Ainsi, beauté du rameau, grâce effective de la tige
Joindre la foulée rapide, familial actif
Tout s'éteindra, même le sourire de l'enfant naissant
Écouter cri chérubinique, maternité, quinconce de l'humanité grelottante
Gêne, Germe, bactérie, 3/4°, en finir avec l'humain
Révélation fonctionne, aguerrie littéraire
Alors qu'à genoux, frère perçoit hors instruction
Majesté des méprises réparatrices
Pèlerin s'exerce, sueur de l'acte vers l'étape
Cheminer, la trace, suivre l'empreinte de millions d'années
Anthropologie de nous-mêmes, déloger l'ego, pauvres fous
Fuir avec le vent, les rumeurs, comme Henri
Observer le lettré muter simplet
Prima donna suprême, rempart définitif à l'angoisse du flapi
Geindre en palliatif, alors que toi, vois, tu marches…
Choisir ou non, perceptions en conflits
Clore dans le drame, remémorer lieu principal
L'opéra dissimule le sacré abandonné à l'intérieur
Croûtes éparses gobées de force
Nonobstant subtilement, télévision déshonorante
Anti Ya walidata-I-ilah, monde du dedans
Derviche tourneur explore en songe
Inconscient de l'univers, engendre quotités différentes
En suspension, dans l'intervalle
Purgatoire terrestre, faire goûter saveur illimitée
En apprécier la teneur, texture terne paradisiaque
Henri Sémar chasseur de la patience, en silence, il sait…
Un jour, saisir combinaisons de fleurs, rejoindre Orphée
Avec elle, dans ses bras, peut-être…
Fuir avec le vent
mercredi 9 avril 2008
Antoine
Je pense donc je suis, je ne pense pas comme vous, donc je ne peux être, restant à notre disposition, la technologie du www, pour la rébellion. Plusieurs réflexions me vinrent à l'esprit, osant enfin communiquer avec ce JE, pour plusieurs raisons, méritant sans concession de nous y arrêter ultérieurement. Restons sur la marche, l'avancée du dimanche, alors que les fils de pub génialissimes de la région Ile de France placardent à nos faces leurs poubelles, lance-missile d'une certaine bêtise nous envoyant tout droit chez l'ophtalmologiste, voir un peu plus en profondeur, l'orthoptiste, pour les plus abîmés du globe oculaire de la contre-pensée.
Ou es-tu Orphée?
Je n'en sais rien, pourtant je te cherche dans cette cavalcade rudimentaire du pas-pensée, de la foulée-fiction, pure réalité ce jour. J'arrivais dans le 16e, commençant à passer la vitesse supérieure, lorsque je vis deux femmes, agenouillées, en train de me faire des signes angoissés, au loin sirènes hurlantes de pompiers. Je me pressais dans leur direction, leurs silhouettes, entourant, étalé sur le pavé, un homme d'une soixantaine d'année, sur le visage, aucune couleur de bien être ne le faisait briller, relayant un contexte de tragique ayant radicalement changé ce pourquoi j'étais sorti ce dimanche. C'est ainsi que je m'agenouillais aussi. Je vis là, dans le regard de ces deux femmes s'entrechoquant avec le mien, toute notre misère, notre impuissance face à celle qui frappe sans prévenir, nos globes plongèrent dans le vide le plus absolu de ce corps meurtri par l'attaque. L'arcade de l'homme était ouverte, il pissait le sang, hémoglobine séchant déjà, le froid nous lacérait la peau, claquant violemment ses bourrasques envers notre groupe, braillard, le phonème du son récurrent du gyrophare se rapprochait. Le visage de l'homme était rouge, violet, noir, les vaisseaux sanguins avaient explosé, je notifiais son oreille devenant cire comme s'il était déjà parti. Dans un éclair, je passai un coup de téléphone à une connaissance secouriste, mon interlocuteur me demanda de lui prendre son pouls, vérifier que l'homme était allongé en chien de fusil, en position de survie. On lui avait positionné une couverture de fortune, blouson chiffonné sous la tête, une misère de bien-être. Je pris la main gauche de l'homme, son poignet gisant aléatoirement et ne ressentis aucun signe de vie, il vomissait toutes les quinze secondes un liquide spartiate, mais aucune logique de respiration ne s'échappait de ses commissures. Putain…
Je prenais une fois de plus de plein fouet, les prunelles, œillades chaotiques des deux femmes, la plus jeune faisait du vélo dans le coin, quant, elle reçut l'appel de la plus âgée, celle soutenant maintenant le corps de l'homme. Tous les trois nous l'observions partir, s'en aller pour toujours, fuir avec le vent, ne plus revenir, et ressentîmes notre petitesse démesurée, physiquement ce n'était pas beau à voir non plus, cependant son attention restait pure, étincelante comme la braise, mais terriblement éteinte. Nous ne le connaissions aucunement, il ne faisait nullement partie de notre entourage, mais nous perçûmes avec une profondeur inouïe cette connexion indicible, certifiant intrinsèquement, unanimement, la mort de l'être humain dans l'isolation, la solitude la plus dégueulasse, perspective éclatante que l'homme ne peut demeurer seul; nous pressentions la perte proche de cet homme avec une infinie tristesse, comme s'il était de notre propre famille, le concept de la mort réactive frappant l'autre en face de nous, nous ramenant dans les profondeurs de notre condition terrestre, dans l'intimité de notre propre décès. Dans cet homme, mon père, le coursier qui s'est fait shooter plus loin sur l'autoroute, l'ami d'adolescence parti trop tôt d'un accident de voiture, les maladies du monde, dans cet homme, l'assassiné, dans cet homme, le reflet de ma misérable condition de marcheur urbain. Ses yeux hagards, nous délivrant le message, "je m'en vais, je suis mort, je suis redevenu le fils qui… Je suis bien, ou pas, tenez-moi, restez avec moi, ne me laissez pas partir seul, j'ai trop été seul, peut-être également d'autres choses, s'il vous plaît…
Puis, la femme qui soutenait son petit corps parla.
- Je l'ai vu déambuler, s'agiter en marchant, téléphone portable en main, disant, avant de tomber, "puisque c'est ainsi, ce n'est pas la peine de revenir", puis, il s'effondra sur le sol, voilà, ce furent ces derniers mots…
Le silence nous gagna, remplacé par des cris, place aux pompiers qui descendirent comme des aigles tombant sur la proie, le temps de se relever, ils étaient déjà en train de le pomper, de le réanimer avec une vigueur incroyable. Le bruit le plus vaste fit éclater le silence. Ils lui firent une injection transdermique d'épinéphrine commandée par un défibrillateur externe, lui placèrent un drap autour de lui, redonnant la dignité qu'il méritait malgré la place calamiteuse du bitume froid. C'est là que nous nous sommes mis sur le côté et que le sentiment de l'espoir nous gagna. Pitié, ramenez le…
C'est lors de ces moments-là, que l'on implore, ainsi, même l'athée le plus chevronné cherche une béquille, quelque part ou s'accrocher, on est misérable, suppliant, dernier acte de contrition, réclamé tout le long du parcours physique et si peu demandé en amont des conséquences, orgueil fou démesuré de l'homme, je me souvins… Vanité, tout n'est que vanité.
Je sortis de mon agonie intérieure pour revenir à la réalité, autour ça grouillait, hurlait, autour ça donnait des ordres, autour, ça nous interrogeait, autour, l'odeur du combat de la mort et de la vie, fil ténu des systèmes se livrait un combat sans merci. En arrivant, j'avais lu son visage, il n'était pas présomptueux de ma part de déchiffrer l'extrême gravité de l'instant. Ses yeux pendaient dans le vide, toujours d'un éclat intact, mais d'une expression particulièrement lointaine. Et les hommes du feu pompaient, pompaient inlassablement. Je les regardais se débattre autour de lui, le thorax n'était plus qu'un trampoline obéissant aux muscles de ses réanimateurs vifs et puissants. Tour à tour ils se relayaient, et le temps commença à passer. Les flics créèrent un cordon autour de l'homme sur le bitume. Je commençais à comprendre dans le regard d'un des sapeurs, que c'était sûrement l'heure pour lui. Un officier de police m'expliqua, que d'après les textes législatifs en vigueur, il fallait réanimer, tenter, tant qu'il y avait un petit quelque chose répondant, réaction infime à la machine retenant à la vie. On arriva aux trois quart d'heure de réanimation, un autre team vint relayer pour masser cardiaquement son torse, s'occuper de l'homme sur le pavé.
Les deux femmes étaient reparties depuis une demi-heure, dans la confusion, quelques personnes curieuses, vinrent créer un attroupement autour du périmètre, ou l'homme luttait sur le sol, s'en suivirent plusieurs altercations stupides avec la police, riverains mécontents d'être dégagé sans concession sans obtenir réponse à leur interrogation mal placée. J'étais parti pour une marche, une avancée dans le béton parisien, puis, le cours des choses, vint placer une anecdote, un acte de vie sur mon chemin, un sens. Quelle dimension pouvais-je en retirer?
Je m'installais sur un banc perpendiculaire à la scène, légèrement caché, décidant d'accompagner cet homme par le retrait discret de ma silhouette, abandonnant les secouristes à la concentration de leur boulot. Le bip de l'appareil de ventilation mécanique me parvenait saccadé, irrégulier, chaque sonorité me relançait dans de multiples interrogations au sujet du devenir de cette personne que je ne connaissais pas et de la finitude humaine en particulier.
Vint l'échange de regard avec les officiers de police. Une heure dix que les soldats du feu assisté d'une équipe du SAMU tentaient en vain de le rapatrier à un semblant de vie. Je savais pertinemment après ce laps de temps conséquent, que les séquelles neurologiques devaient être désastreuses, et, combien même il revenait, cet homme ne serait plus que l'ombre de lui-même. L'atmosphère était particulièrement silencieuse, uniquement l'écho du son aigu de la machine meublait le temps. C'est alors que vint une résonance continue, celle-ci donna le glas pour laisser place au grand silence, et, je compris à ce moment précis que l'homme sur le bitume venait de s'en aller vers d'autres contrées, abandonner le froid glacial de ce dimanche d'avril et que rien n'y fit pour stopper son départ, voguant à l'intérieur d'un pèlerinage d'évolution, je l'espère plus serein et réparateur.
Vint le deuxième échange de regard avec les officiers de police. Une heure dix que les soldats du feu assisté d'une équipe du SAMU tentaient en vain de le rapatrier à un semblant de vie. Je savais pertinemment après ce laps de temps conséquent, que les séquelles neurologiques devaient être désastreuses, et, combien même il revenait, cet homme ne serait plus que l'ombre de lui-même. L'atmosphère était particulièrement silencieuse, uniquement l'écho du son aigu de la machine meublait le temps. C'est alors que vint une résonance continue, celle-ci donna le glas pour laisser place au grand silence, et, je compris à ce moment précis que l'homme sur le bitume venait de s'en aller vers d'autres contrées, abandonner le froid glacial de ce dimanche d'avril et que rien n'y fit pour stopper son départ, voguant à l'intérieur d'un pèlerinage d'évolution, je l'espère plus serein et réparateur. Je restai abasourdi sur ce banc extrêmement choqué. Je me levai et vit les bâches recouvrir le corps de l'homme, j'échangeai quelques regards vides avec policiers et pompiers, également vaincu intérieurement de cette perte humaine. Les couvertures de plastiques le recouvrant me ramenèrent instantanément à ce regard encore vivant de l'homme, globes criant à l'aide, lumineux mais livides, luttant, en chien de fusil, à ce poignet que je touchai, m'imprégnant d'une compassion infinie envers mon camarade humain.
Je repartis submergé d'une atmosphère différente, je n'avais plus le cœur à m'encourager d'aller de l'avant, je pensais à cet homme allongé sur le béton froid. On n'est rien, pensais-je, évidemment, je ne suis pas le seul à m'inscrire ainsi, que l'on n'est rien ou peu, ou pas du tout, en même temps avec tant de prix. Car l'homme vaut, c'est indéniable, seulement, c'est dans sa condition terrestre censée être construit de louange, que celui-ci se dévalorise, stimulant l'être de chaos et troubles mentaux menant au néant. En fait, il aime à penser que la vie est merdique, certes, pourtant, des pans entiers de combats nécessaires à mener restent ouverts et attendent d'être mémorablement écrit. Ma marche, néanmoins, acte de vie en mouvement perpétuel, m'abdiqua de repartir et de respecter le plan prévu. Je commençais à accélérer, toujours envahi par mes pensées, coincé dans la scène à laquelle je venais d'assister. Je me rendis compte qu'avant de détaller, j'omis de demander aux officiers de police, le prénom de cette personne, ce qui me gêna considérablement, comment ce détail avait-il pu m'échapper?
Je rentrai comme un malade, foulée de compétiteur au milieu des trottoirs goudronnés de la capitale. Une fois rentré, j'appelai les commissariats du 16e avant de tomber sur l'information recherchée au poste de l'avenue Mozart.
- Bonjour, je suis la personne qui se trouvait avec le monsieur qui a eu un accident cardiaque boulevard Exelmans! J'étais avec une de vos patrouilles quand on essaya de le réanimer, c'est bien vos hommes qui étaient là-bas tout à l'heure?
La personne au bout du fil, légèrement dubitative, me harponna, non pas froidement mais administrativement.
- Oui, c'est pourquoi? Vous voulez son identité?
Je réfléchis une demi seconde.
- Uniquement son prénom, je me trouvais à ses côtés et…
Je l'entendis brailler de l'autre côté du téléphone, avant qu'il ne revienne plus près du combiné.
- Allo… Il s'appelait Antoine.
- Merci infiniment, au revoir monsieur!
J'étais enfin soulagé d'obtenir le prénom de l'homme que j'avais vu mourir. C'était amplement suffisant pour maintenir une attache à la maigre histoire qui me liait à lui, je me devais d'avoir des mots et notamment une identité, afin de me souvenir de sa personne. Je me couchai très vite ce soir-là, mais ma nuit fut envahie de la mémoire d'Antoine et de son regard, ses yeux vinrent habiter mon sommeil, des yeux que je n'oublierai jamais.
mercredi 2 avril 2008
147
Méduse, martèle, serre les vis interstellaires
Concevoir qu'elle-même fut génome
Alors que l'arôme mène la charge
Fragrance sinueuse des couloirs obscurs
Je prends la main de l'enfant
Celui-ci me guide vers les 147 récits vivants
Outrepasse l'adolescence aux frontières complexes
Mur du son trépasse, sourire angélique décrète
Bâtards emmurés des fanatismes du macrocosme
L'enfant idolâtre lieu de science qu'il ne fréquente plus
Muter l'universitaire interne de n'être jamais
Rien qu'un lambeau de chair procrée par erreur
Ainsi, l'amour d'une femme valorise
Quand protagoniste s'abstient des colonnes de l'empire
Bascule violon acide, Massive Attack, Bristol s'impatiente
Souviens toi de l'instant, unique Babylone illusoire
Credo recherchas-tu, lors de la débauche?
Épisode, tu me manques
Abandonner l'homme, redéfinir spicilège, artisan de la seconde écriture
Corbeau noir, volatile des chroniques parvint, puéril firmament
Aucun secret censé le diviser, corrompre l'azur
Création fidèle, soldat impur, quête…
Examine cobalt du cœur dilater par mépris
L'histoire prototype l'éphéméride, ne suppose concentration
Somme toute, planète Spartiate de mes souvenirs
Engendre l'atome, l'inaccessible, le grand jamais
Parler en Je, définir rôles, pôles laconiques
Se taire en Je
Définition, sournois fantôme de mes angoisses
Quand le grand Charles passa aux paradis artificiels
Quelle grandeur rendit jugement opalescent
Transcendant zénith maints cauchemars omis
Histoire d'humanité dévoile l'inhumanité
Corvidé, restitué, aguerrit, empoigne vigilance de l'enfant sans camarade
Combien de temps apathique compère de l'isolement
Âme rampantes, silhouettes gommées des sociétés avilissantes
Descendant envers l'arbre des rêves, autorise l'oiseau noir
Rencontre placée sous signe tombal
Réinvente paix éternelle, avilit joie bavarde
Nullement sourire, l'espace exige responsabilité
Découvrir loggia pillé des 147 piliers de la terre
Rectifie Ken Follet, indubitablement actif des cendres
Documentaliste, scénario de l'impossible fortifie l'iris du possédé
Recentrer l'homme, spirituel confidentiel
Évaluation des pertes, fortin céleste ésotériste temps furtif
L'humain régénère, l'enfant désirant l'adulte solide
Postérieurement, le miroir des erreurs commises
Recentre chaque pilastre, 147 au total
Omettre d'exister, un souffle, une seconde, un millième
Chuter de nouveau sans lâcher prise
Sa main, phalanges salvatrices
147 fois, déchoir, 147 fois
Se propulser en chiffres, plus qu'en lettres
Mathématiques, statistiques, résumé d'une vie
Auto journaliste, sans rétribution, ni fracas
Père, pourquoi trembles-tu… Ceci, ma vie, comprends-tu
Suprême coup, taire curiosité maladive
147 cadavres, frayeurs, angoisses, oblong dans l'existence
Les yeux de Babylone, chérubin, l'oiseau noir se dissémine
Claquement d'ailes dans l'asphalte sacré
Vomit de l'humain, orgueil démesurément spacieux
Chanceler de l'ébène, Messerschmitt imperceptible
Caracole en tête, permuter lumière interne à la chair
La mer, colossale, cependant, tendresse satinée rêve du gamin
Incompris du père, oui, toujours le même
Mué en inquiétude récurrente
Formant les 147 pilastres de l'enfant adulte
Bien qu'il ne le veuille point
Encore une fois, folie éclate
Petit homme, bus passe, t'oublier en conséquence
Gabriel Fauré, ton requiem, pour lui, pour eux
Agneau, je me pose, style horizontal, limitrophe au péché
J'espère sans espoir, ne rien attendre
Vivre enfin, prendre de toute son envergure l'espace imparti
Politicienne, démesure pacifisme totalitaire
Déresponsabilise, libre-penseur, de qui, de quoi
Jamais, mon pays esquinté, deuxième génération
Pardonner, éternellement, finalement, nonobstant médiocrité abjecte
Déséquilibre épouse désireuse du moi
Interne responsabilité, requiem actif
Prémonition terrible, droit de l'homme à tout va
L'infra lumière revitalise débauche séculaire
Taire le temple, 147 colonnes de crasses
Guérir 14 sept violences, codes, obstacles, création, imagination, photon, candélabre
Tenir droit sa position, sniper position 147
Arme Famas dernier cri
Version félin G2, autorise glose active
Tel hôte lugubre, sous brutalité militaire
Traîne combi orange, souviens toi du chien en toi
Enchaîné, permanence de la boue
Malgré condition, cadre endormi, somnole cash
G2, féline, balistique microscopique, frapper, dissimuler, fuir
Avec le vent, brise subversive, intraitable
Colonnes cérébrales, 147 neurones, encéphale quête l'équilibre
Fonder, s'adosser au mur, sentir de nouveau cohabiter
L'exhalaison, magie imperceptible, larynx, pharynx, bronches
Tissus pulmonaires, joie de l'homme inutile
Paix infinie, substantialité sublime réunie
Étincelle code 147 de l'enfant, Pavane compose nostalgie du cœur
Aorte, élever, redevenir majeur, l'accompli, le consommé, l'exécuté,
L'achevé, l'ultime, dernier, fini, fait, faire, le réalisé, combustion point zéro
L'alpha oméga, incomber, ressurgir, être de nouveau
Prendre soins, manuscrit archétype, éteindre 147 fléaux
Attiser la flamme, feux nourris 147 heurts
Vivre, respirer, coexister, nicher, demeurer, cohabiter, fréquenter Sous l'étang cobalt, instrument chimique des 147 préceptes vivants
dimanche 23 mars 2008
Generous
Generous observait les mouvements de foule. Il se tenait, silhouette fatiguée contre un arbre récemment planté par la municipalité, censé redonner verdure aux alentours de la maternité Sainte Félicité, building à la touche seventies, perpendiculaires à l'avenue de Vaugirard. Il attendait patiemment les premiers résultats biologiques de l'enfant qui venait de naître. En cela, Sandra lui serait précieuse. Elle avait accepté le billet de cinq cent euros, sésame de papier à trois chiffres qui l'aidera à combler une fin de mois difficile. Cette numérisation sanguine, Generous en avait une exigence vitale, capitale, obligatoire, combinaison primordiale de chiffres et de barèmes, à la survie terrestre du bébé, créature précaire s'éveillant à la vie au troisième étage de la clinique enfantine. Quelques sœurs parlaient entre elles dans le hall d'entrée du bâtiment, une femme s'exprimait à leurs côtés, peut-être en train de décrire sa crainte de l'accouchement mêlée à la joie proche de donner vie à l'enfant qu'elle portait. La future maman avait le ballon bien gonflé, un joli ventre enflé d'une création aux environs de sept mois. Un homme la rejoint, il sortit d'une pièce dans l'angle opposé, les futurs parents n'ayant peu ou pas préparé la tâche les attendant, s'enquéraient des précieux conseils des religieuses dévouées à la cause maternelle, processus divin ramenant sûrement les sœurs hospitalières dans le mystère de la vocation dans laquelle elles s'étaient engagées. Alors que Generous tirait sur son poison de cigarette, "un jour cette merde va me tuer" marmonna-t-il, quand une femme ouvra la porte, et se dirigeait maintenant dans sa direction. Elle approcha, lui adressant un sourire crispé, un rictus fautif, se sentant coupable d'un délit non pas énorme, mais assez pour la contrarier d'une pensée blâmable ayant enfreinte les règles.
- Bonjour, Monsieur.
- Vous l'avez Sandra? Reprit Generous, sans se convier à la formule de politesse initiale, chose qu'elle ne manqua pas de lui rappeler.
- Bonjour monsieur, insista-t-elle!
- Oui, bonjour, pardonnez- moi, vous l'avez Sandra, dit-il légèrement plus tendu.
- Ça va, oui je l'ai, et l'autre moitié, à son tour négociatrice rancunière de son manque de tact. Monsieur…
- Peu importe mon nom, oui voici. Generous tendit à Sandra deux cent cinquante euros en liquide. Il poursuivit.
- Écoutez, merci. On ne s'est jamais vu, vous n'aurez aucun ennui, ce n'est qu'une copie. Merci. Poursuivez votre vie Sandra, et l'on ne se connaît pas, achetez des fringues pour votre fils, allez au restaurant avec votre fiancé.
- Comment ça… Dit-elle interrogative et suspecte.
- Hum, bon, ce n'est pas de votre intérêt d'en savoir plus, alors retournez travailler et surtout n'oubliez pas une chose, nous ne nous sommes jamais rencontré. Vous avez compris Sandra? Le ton de Generous se faisait plus menaçant, se devait simplement de l'être, trop de questions pouvaient nuire à la situation du moment, il avait besoin de savoir si Sandra était un interlocuteur fiable, et, à l'instant précis, elle chancelait, elle craignait, elle doutait. Passer outre, sans se poser de questions lui avait précisé la femme, lors de l'accord de ce marché d'obtention de la feuille remplie de nombres.
Retournez bosser!
Il la dévisagea avec insistance. Pas de vagues, calme, Sandra…
Elle prit l'argent puis s'en retourna avec une certaine appréhension sur le phonème qu'il avait emprunté dans sa mise en garde. Elle n'aimait pas cela et regrettait déjà d'avoir conclu ce marché pour cinq cents malheureux euros. Elle avait commencé à réfléchir au sujet des raisons de cet homme payant si cher pour une copie biologique de nouveau-né. Il lui planta un regard allumé, pour bien lui faire passer, une dernière fois, la consigne de la boucler. Elle ne se retourna plus, pénétrant à nouveau sur son lieu de travail, elle essayait de faire le vide, de ne plus trop cogiter au sujet de ce rendez-vous mystérieux, ne penser à rien, savourer la somme, de ce qu'elle allait faire avec, toutefois le fardeau de l'interrogation et de la culpabilité l'envahissait davantage. Generous discerna la pression que la femme se mettait en ruminant sa complicité, en bon chasseur, il savait sonder indics et autres intermédiaires impliqué dans les affaires du milieu. Peut-être faudra-t-il la descendre se somma-t-il!
Pourtant, il n'aimait guère s'aventurer sur le terrain de la tuerie d'innocents, cependant, silence total accompagné de discrétion valait mieux qu'une catastrophe prématurée dans un plan prévu de longue date. Il la regardait s'évanouir dans le couloir lumineux de l'immeuble, l'observant avec véhémence, il perçut sa sensibilité lointaine.
- Ferme ta gueule, Sandra… Ferme la et vit.
Generous balança sa cigarette sur le béton sali de la capitale. Il examina le mégot finir de se consumer, s'interpellant une fois de plus qu'il fallait arrêter cette saloperie. Tant de balles perdues, pour finir trouer par le fichu crabe. Il se souvint des mots de l'ORL lors d'une visite urgente. Il avait craché du sang, par petits jets, annihilé par une de ces nombreuses soirées en solitaire, à son domicile, de retour d'une énième histoire en sous-sol, sur le théâtre des opérations illégales, de l'existence en souterrain. Sûrement rien de bien méchant, avait-il pensé, mais assez pour consulter aux urgences de l'hôpital le plus proche en s'interrogeant sur cette gêne. La douleur devenait simplement plus vive à ses multiples raclages de gorge. En même temps, tellement d'années qu'il tirait sur la foutue clope, lucide d'en arriver là, avec plus de deux paquets par jour depuis vingt ans. Un interne avait exigé une laryngoscopie pour observer l'intérieur de sa gorge. Generous n'avait guère apprécié l'examen endoscopique, néanmoins seul moyen de voir l'état de son gosier. Il s'en était allé avec une grosse frayeur, les tubes plastiques, produisant généralement cette sensation de flottaison, lors d'une aventure physique subie, se distinguant si clairement dans l'auto miroir de sa vie, que, certaines fois, plus maître de rien du tout, on relit la façon dont on a traité sa machine. Il s'était aperçu, le tueur, ce soir-là, fixant le latex en mouvement des gants du médecin, guider l'appareil, en attente du verdict des bronches cracheuses d'hémoglobine. Il avait patienté, bien calmement, tel l'enfant sage, appliqué, endurant silencieusement l'examen, rechignant gêne et douleur dans l'espoir d'être à son tour un homme. La blouse blanche l'avait rassuré sur le moment, lui mandant une discipline de tous les instants pour les jours futurs.
- Votre pharynx est extrêmement irrité, les tissus sont très abîmés, combien de cigarettes fumez-vous donc, Monsieur, avait demandé le médecin investigateur. Il y avait cependant, nulle apparition de bobos méchants pendant l'inspection endoscopique. Il repartit de l'hôpital avec une séquence de trois, cure de trois mois de Solacy, trois comprimés, trois fois par jour accompagné d'un sévère et clair avertissement d'arrêter de fumer immédiatement. Il pouvait se faire aider à l'hôpital par un suivi psychologique, s'il le désirait. Generous s'extirpa des couloirs à malade avec ses médicaments, remerciant le docteur de garde, prétextant qu'il pourrait gérer seul le problème de sa dépendance, grommelant intérieurement l'addiction qui le consumait, le menant en conséquence vers les cendres de sa propre déchéance.
Le temps s'était épaissi, une légère brise s'était levée, Generous, contemplait le mégot sur le sol, ses mèches châtains étaient balayées par un léger vent. Il se laissa gagner par une mélancolie douce, il ressentit le poids du métal de sa vie à l'intérieur du holster en cuir plaqué contre sa corpulence, silhouette de plus en plus fragilisée par la nicotine victorieuse. Il rangea la formule sanguine dans sa poche intérieure, il vit le chrome du flingue qui brillait. Generous referma son long manteau et se mit en marche vers la suite des opérations, fuyant le souvenir de ces nuits solitaires, des crachats, du médecin et des conseils prescrits. Continuer à vivre, avancer toujours, encore, on verra plus tard, pensa Generous. Premièrement, l'enfant. L'enfant et les nombres, l'enfant du troisième étage. Récupérer les instructions et les appliquer à la lettre. Les codes contre des euros. Point barre.
Il avançait dans l'ombre des murs de la ville, essayant de reprendre le dessus au fur et à mesure de ses pas, arborant une attitude de déplacement d'une discrétion maximale, à l'intérieur de laquelle il arrivait facilement à se plonger, tant son niveau de paranoïa s'avérait élevé. Il avait les yeux partout, orbites fusant à l'infini vers des angles de vue impossibles. Il s'engouffra dans le métro, puis, en ressortit une demi-heure plus tard à la station Saint Augustin, pour plonger de suite, fondre sa silhouette dans un parking public souterrain situé à deux mètres de là. Il descendit au deuxième sous-sol, ouvrit d'un bip électronique une Mercedes coupée noire, dans laquelle il s'introduit avec aisance, son trajet n'ayant ressemblé en rien à un homme usé par la clope.
Dans le jouet classieux pour adultes, il ouvrit l'enveloppe dans laquelle se trouvait la vie hématologique de l'enfant. Sur la droite de la feuille, Sandra avait placé sa photo. Ceci n'avait pas été demandé, uniquement la NFS, pensa Generous. Il observa le petit homme, considérant la fragilité de ce bout de peau unique, d'un fœtus à peine débarqué au monde et déjà violemment encré dans celui-ci. Il le contemplait, empreint d'une immense curiosité à son égard, se trouvant abasourdi devant le miracle de la vie. Generous approchait la cinquantaine, non, il n'était pas trop tard. Une émotion vint le gagner, le pénétrer sournoisement, une détresse subtile, impalpable, ayant un but précis, homme choisi afin de ressentir une inversion de l'âme, poussé de cette rareté métaphysique censée le déséquilibrer. Une voix intérieure se fit poussant, à peine audible, alors qu'il continuait à balayer du regard le petit bout sur la photo, cliché à peine plus grand que les équations d'hémoglobine et leucocytaire, en marge du tableau des mesures sanguines, crachant ses nombres et autres paramètres incompréhensibles en milieu de feuille.
- Qu'ai-je fait de ma vie!
Generous, scrutait le miroir de son existence dans la photo de l'enfant, de ce bébé poussière si fragile, inhalant pourtant, de sa minuscule cage thoracique, l'air du monde au troisième étage d'une clinique de la capitale. Il n'avait pas choisi cette mission, elle lui était tombée dessus comme tant d'autres, d'apparence facile, on avait requis son expérience au cas où la situation s'envenimerait. Mais, ce coup-là, c'était du tout cuit, l'histoire deux heures, tout au plus. Comme d'habitude, aucune information n'avait filtré sur le contenu des opérations, il n'était qu'un exécutant. On le payait pour être le relais, prendre les mesures nécessaires, sans concession, si les choses tournaient mal, au pire, il recevait des notifications au compte-goutte. Il ressentit l'alliage de la poudre contre lui, il s'interrogea sur la façon dont les évènements allaient tourner cette fois-ci. La tornade douce continuait à s'immiscer rythmiquement d'une légèreté infinie. Son arme se faisait de plus en plus pressurisant sur son corps, la réalité du gun dans le prolongement de son torse, il continuait de contempler le petit homme sans défense. Il eut une très nette impression envers la situation, la jugeant autrement complexe, que de délivrer un vulgaire bout de papier, certes médical, par fax, à l'autre bout de la planète, rentrer à la maison, comme si de rien, en attendant le paiement de cette tâche administrative ennuyeuse et tellement simpliste. Il y avait autre chose. La crosse du flingue jouait avec une de ses côtes. Il eut envie de prendre le bébé dans les bras, il voyait dans le petit homme, toute raison salvatrice d'existence lui ayant manqué sur son chemin d'embûches, afin d'évoluer, devenir un homme meilleur, quelqu'un de bien, éventuellement se plonger dans la peau d'un père. Pour une fois, rendre des véritables comptes, trouver un sens complet à la vie, interpréter les signes de sa fortune dans le concept de la procréation institué d'un acte authentique d'amour incarné. Pour un petit homme, il pourrait arrêter de fumer, il deviendrait élégant, batailleur avec les vices de l'âme humaine. Enfin, il…
Generous sortit de ses fantasmes aux destins inexistants pour revenir au réel. La crosse de son Glock 37, lui remémora qu'il se trouvait dans le coupé en qualité de superviseur devant veiller à bien, sur cette ennuyeuse tâche administrative censé lui rapporter pas loin des dix mille euros. Pourtant, la pression du canon se faisait plus épaisse, il s'enfonça dans son siège en cuir, ressentant une amertume différente, un contexte particulier dans toute cette affaire. C'était trop facile, trop vite, trop court et cet enfant qui se rappelait à lui, se trouvant totalement aimanté par le cliché laissé par Sandra. Le Glock continuait à jouer avec ses os, le calibre 45, sollicitait une seule requête, éclaircir la vérité. Generous n'hésiterait nullement à s'en servir, toute cette histoire était bien trop rapide, pensa-t-il de nouveau. Bizarrement, il remarqua que cela faisait presque deux heures qu'il n'avait pas allumé une cigarette. Finalement, pensa-t-il, une habitude est faite pour être remplacé par une autre habitude. Il sortit une Marlboro, la pinça dans ses lèvres. Il lui trouva un goût amer, une nuance de substance chimique dégueulasse, il en fut surpris. Le cinquantenaire sortit la clope de son bec, abaissa la vitre et la balança au loin. Premier pas vers la liberté murmura-t-il. Je ne suis pas encore foutu. Mon Glock est là pour le remémorer au monde.
Allons envoyer cette télécopie!
Il mit le contact et fit gronder le moteur énervé du coupé Mercedes. Il poussa le CD dans la fente du lecteur. Les pneus crissèrent sur le sol lisse du parking. Il se retrouva très vite sur le boulevard Haussmann, "Bored" et le riff de guitare, métal saccadé des Deftones s'engouffra dans l'habitacle, il augmenta le son, puis s'assura que toutes les vitres étaient bien fermées afin de jouir entièrement de la répercussion phonique. Generous conduisait vers cette technologie du fax, vers la compréhension de l'enfant, peut-être aussi du mystère de sa propre vie et de l'amour l'ayant inlassablement fui, il y allait confiant et différent, son flingue, en qualité d'assistant extrêmement compétent.
Les boulevards se trouvaient dégagés en ce jeudi matin. Il allait envoyer cet imprimé hématologique, d'un bureau tenu à sa disposition pour les ordres dits, de secrétariat. La ville grisâtre lui apparut comme le seul univers qu'il possédait. Generous n'était pas un grand voyageur, le boulot procuré par la ville et ses méandres, lui suffisait amplement, et, avec le temps, il s'était laissé éteindre par les rêves, ceux-ci ressemblant aux milliers de cigarettes qu'il avait consumé des années durant, victime observatrice de sa vie, acteur principal délaissé de ses motivations premières. Aujourd'hui, Generous aspirait seulement à trouver une paix propice à calmer l'ardeur des démons intérieurs le tiraillant encore de toute part. Enfin assassiner les petits diables, équations parfaites des échecs de sa vie. Les démons avaient aujourd'hui, prêt à leur livrer guerre ultime, un résistant commençant à s'éveiller, s'arrachant du sommeil profond dans lequel il végétait interminablement. Un artilleur au visage d'enfant, plongeant Generous en visite de son propre songe du gamin qu'il était. Le gamin devenu adulte, une chance semblait l'envahir à nouveau. Non, tout n'était pas foutu, son quota humain avait encore droit, possibilité d'essayer, trouver juste place dans ce monde violent. Il se laissa bercer par le rock métal du groupe californien, quand vint de nouveau une envie irrésistible d'en griller une. Il ne sut comment il arrêta l'ardeur de cette pulsion envahissante, mais il la bloqua, se concentrant immédiatement de nouveau sur le cliché du petit homme. Il prit l'avenue de l'Opéra, légèrement plus chargée en trafic routier, ralentissements et embouteillages le freinèrent dans sa course. Generous appuya sur l'accélérateur, commençant à slalomer entre les endormis du volant. Sortir de ce questionnement. Envoyer le rapport. Ensuite, cette histoire de bébé et de maternité ne lui appartiendrait plus. Generous ne possédait rien, la vue de l'enfant, chérubin chétif abrité de la colère du monde d'un simple petit lit de clinique n'arrêta pas de revenir en boucle lui caresser les neurones.
Que lui voulait-on, pensa Generous, cette formule sanguine… Pourquoi?
Etait-il malade? Qui était ses parents, en quoi l'enfant était-il spécifique, pourquoi payer un tel prix pour une analyse de sang?
Personne ne paye dix mille euros pour obtenir un bilan sanguin, même en urgence à l'autre bout de la planète.
De toute façon, ce n'était pas son affaire, il était rémunéré pour un travail, non pour poser des questions. Le vide se créa autour de lui, seul avec la musique, il réfléchissait sur le petit être sans défense, c'était plus fort, d'un niveau supérieur à l'envie de fumer et la tête du chérubin fragile commençait à le hanter. Que risquait cette poupée de cristal si Generous envoyait le téléfax à New York?
L'interrogation insidieusement prenait le dessus sur son professionnalisme, mais le bébé l'attirait, il ne pouvait contenir le flot d'émotions le subjuguant. La face du chérubin était la plus forte, le problème étant que s'il commençait à trop s'interroger, ce serait le début des ennuis. Generous en avait eu des tonnes, oublier le môme et prendre l'argent pour la tâche dont on le payait était ce qu'il avait de mieux à faire. Mon Dieu, pensa-t-il, pourquoi mon cerveau prend toujours le dessus, c'est incroyable, je ne peux donc me laisser en paix. Generous grommelait. Il arriva au bureau du boulevard saint-germain et se gara près d'un magasin de vêtements de grande marque. Deux vendeuses, à l'intérieur, ayant l'air de s'ennuyer regardèrent la Mercedes se garer, fantasmant sur la carrosserie du bolide luxueux, peut-être dans l'attente qu'un prince vienne les enlever de leur boulot sous-payé et ennuyeux. Il éteignit Deftones, pour laisser un silence de circonstance s'installer dans le coupé, au-dehors le bruit de la cité régnait en maître, puis, soudainement, il eut un éclair, une très mauvaise décision s'empara de lui, mais il ne pouvait rien n'y faire, l'enfant devenait son souci premier, voir le futur fardeau de sa vie.
- Retourner à la maternité, allez voir Sandra et l'interroger après son travail, la questionner sur l'identité de la femme m'ayant précédé dans la prise en charge de l'affaire! Il commençait à s'exciter, sans avoir une idée précise de cet état désobéissant le gagnant au fur et à mesure que le visage de l'enfant lui pénétrait sournoisement les neurones. Je fais n'importe quoi, je me fous de ce gosse, envoyer le fax, prendre l'argent, faire comme d'habitude, la routine, comme Sandra, appliquer cette règle à soit même. Je ne demanderai rien, non, rien. Une vive dualité s'empara de lui, pourtant la puissance, lentement, continuait de le travailler de l'intérieur.
- Putain! Il gueula dans la Mercedes, une voiture de police passa sur l'artère Parisienne sirène hurlante, étouffant son propre écho, oui, il y avait le feu, une problématique, un concept nouveau, Generous, qu'est-ce que tu fous? Les deux jeunes femmes du magasin le virent brailler, mines interrogatives sur la colère de l'homme à la Mercedes.
Le Glock le rassura, canon pressant prêt à s'exprimer en cas de dilemmes rencontrés. Je ne crains personne, c'est bien pour cette raison que l'on fait appel à mes services. On la connaît ma vie, le milieu connaît bien mes échecs, mais ils possèdent des informations précieuses sur cet ascendant sans pitié qui me perdit, m'éloignant du réel, peut-être aussi de l'amour. Il se rendit compte de son delirium, lors de cette diatribe intérieure, sortant de toute logique compréhensible à sa raison. Il découvrit pleinement, dans une limpidité totale, le temps qui passa, étoile filante mystérieuse sur lequel il possédait un recul phénoménal de clairvoyance. Il répéta dans une certaine désolation, la prise de conscience triste, soudaine, portant en elle les trompettes du renouveau. Qu'ai-je fait de ma vie!
Tout cela devait bien signifier quelque chose, avoir un sens. Generous mesurait pleinement le signe du temps lui établissant le tableau de sa médiocrité. La vie demandait, exigeait de lui le meilleur, là, maintenant, de suite, nulle part ailleurs. L'enfant; la vie me réclame de protéger l'enfant. Me voilà dans la merde, ce fax, Sandra, allez lui parler, vite! Ce bébé me désigne, mentionne l'histoire de ma vie, et puis, mieux vaut mourir, crever pour une cause, assez du mensonge, assez l'oisiveté du gangster médiocre, de ce contentement cynique. L'enfant, Sandra, vite, pff… En irruption, il était en irruption. Generous énuméra une sentence, tel un brasier convertit.
Le feu… Le feu parle en moi, le feu de la création, du mystère de la vie, de l'enfant, ce bébé, quelqu'un lui veut du mal, quelque part, pourquoi moi?
Je suis là, j'arrive, ne me laisse pas, quel est ton nom?
Il démarra sur les chapeaux de roue, la Mercedes vrombit, se faufilant entre les véhicules somnolents de la ville grise. Generous avait une seule mission à présent, parler à Sandra, quelque chose se tramait, bizarrement, on aurait dit qu'il devinait la suite des évènements sans en détenir la totalité du puzzle. Il réfléchit au bébé fragile, petit homme unique, code génétique consubstantiel, seul au monde, là-haut, au troisième étage. Il resta immobilisé une seconde sur le fax qu'il n'enverra pas, ce papier vaut de l'or, il n'ira nulle part. New York. Pour quelle logique?
J'arrive, tient bon petit homme, quel est ton nom?
Generous se gara tout près de la maternité. Il lui avait fallu peu de temps pour rejoindre le sud de la ville, mettant à l'épreuve les chevaux de la Mercedes. Des trous de ciel bleu perçaient dans la grisaille ambiante, voûte mêlée aux couleurs de la majorité des buildings parisiens. Il s'immobilisa et resta dans sa voiture un moment, se penchant légèrement de côté afin de bénéficier d'une vue plus large de la fenêtre où se trouvait le bébé. Depuis ce matin, de nombreuses réminiscences concernant son parcours revinrent en boucle le faire vaciller. Il repensa à sa propre vie, sa dépendance à la cigarette continuait de le ronger, néanmoins, il tenait bon.
Procure-moi des addictions bénéfiques, remplace en moi ce dont je suis esclave, mets y ta paix.
Il intériorisait des pensées spirituelles, quelque chose en lui transmutait. Generous observait le rectangle de verre situé au troisième étage, s'interrogeant sur ce que l'on voulait au petit homme et la raison pour laquelle, touché, il commençait à transgresser les règles du milieu. Il aurait déjà dû envoyer le fax depuis un certain temps, on allait commencer à le rechercher, prendre connaissance de sa position. Le Glock se faisait pressant, comme si la foudre avait besoin de converser. Il jeta son regard dans la baie vitrée de la chambre, désirant y plonger, le rencontrer face à face, sonder les secrets de l'enfant.
Parle-moi petit homme, dis-moi d'où tu viens, que suis-je pour toi, qui désire la vérité de ton sang?
Des rayons du soleil venaient se briser sur la fenêtre de la chambre, des rais puissants, sûrement procuraient-ils tiédeur au petit homme, se mêlant avec douceur à la fragilité de son épiderme. Generous avait prévu d'attendre que Sandra sorte, lors de sa pause déjeuner. Il devait absolument connaître l'identité de la femme ayant servit de relais juste avant sa prise en main de l'affaire. Il n'y avait aucun doute. Generous se trouvait en pleine conversion, un bouleversement qui allait surtout lui attirer les plus gros ennuis de la terre. Il ne distinguait pas encore la teneur de ce changement, l'aimant le liant au petit homme, mais, une force puissante, constructrice, lui donnait l'ordre de veiller sur le bébé, d'en prendre soin comme le joyau le plus précieux du monde. Il balançait son regard vers les portes de la maternité, le hall illuminé, essayant de discerner la silhouette de Sandra perçant dans le couloir aux néons. Generous avait faim. Peut-être avaler quelque chose, en même temps, que l'infirmière lui donnera des indications. Mais, pour le moment, Sandra ne venait point. Il s'était déroulé si peu de temps depuis ce matin et sa prise de position inversée, lorsque contemplant avec humanité le cliché du petit homme, il plongea violemment, rejeté dans le miroir de sa propre vie. Sandra l'avait-elle fait exprès, avait-elle posé ce cliché, censé lui délivrer un message afin de protéger le petit?
Peut-être même qu'elle en savait beaucoup plus qu'il ne pouvait l'imaginer au sujet de l'enfant. Elle avait été un relais étranger, enrôlant des airs suspicieux distincts. Interrogatrice, on aurait dit qu'elle voulait s'assurer du devenir du petit homme. Pourtant, elle avait accepté finalement la somme proposée, bien maigre en comparaison de ce qu'allait toucher Generous pour balancer une vulgaire copie sanguine dans un bureau inconnu de la cote Est des Etats-Unis. Vraiment, toute cette affaire délivrait une fragrance nauséabonde. Generous commençait à s'impatienter, la jeune femme ne venait pas.
- Bon sang! Sandra, qu'est-ce que tu fous, s'énerva-il.
Le manque de nicotine commençait à s'imposer dans son système, le rendant agressif, en quête d'infos manquantes au sujet de la parabole de l'enfant et de la composition du sang chétif.
samedi 22 mars 2008
La dernière lettre
Ce sera donc là, ma dernière missive en provenance de cette geôle
Fortin ou j'élis demeure depuis si longtemps, autrement dire rien
Une goutte d'eau dans la création, écrin à peine perceptible
Parmi ce firmament écarlate laissant place à la luminosité stellaire
Prison dorée expansive sur un monde sans barreau
Cachot psychologique, forteresse, brisant l'âme et toute fortune y résidant
Car endolorie, asservie, additive, esclave, d'une arène sans antidote
Accorde- moi, amour, cellule, code génétique, pénitence exquise
Je discerne à travers les lucarnes de cette perpétuité allégorique
Les nuages de mon destin en fragments
Résurgent désir de scintiller mais point en ce lieu, alcôve dégueulasse
Néanmoins protectrice, sclérose mensongère
Sur la façon qu'à l'enfant d'oser
Passe en boucle Dj's, drum 'n' bass mélancolique
Je ne suis pas isolé, nu parmi des millions
Fréquemment la plainte m'envahit
Et ma bouche, lèvres ne gémissent point
Ce peu de force inscrit dans mon psychisme abîmé
Ce fut le temps des médications
Trois-quatre années plus tard, prendre le siège du recul
Contempler folie frôlée
Aucun junky ne vaut plus qu'un autre
Laisse-moi te parler de mon Stalingrad
Il me fut offerte occasion de le visiter
Touristique épreuve aux mains liées
Enrhume épiderme des somatisations instables
Format word, toile www.
Libère factions du mal, afin d'agir quelque peu
Communiquer son amitié, parfois peu comprise
Typographie graphique de l'imperceptible
Ce putain de cénacle dont je fais partie
LTJ Buckem balance un putain de son
Subséquemment dehors, gouttes de pluie s'abattent
Printemps peine à s'épanouir
Striduleux appel des Jonathan Livingstone des marées noires du passé
Laisse excéder le Caire, ses sphinx touristiques
Dévisage pauvreté pittoresque
En condition de sphincters travailleurs
Inhaler le cachot me tenant par les couilles
Gerber la gueule des politicards véreux
Toutes ces fibroïnes de Neuilly sur seine
Quant au gauchiste merde gamelle
Lui et sa larme puante du Tibet
Coups de caméra dans la gueule
Laisser cerveaux dégueuler sur les pleureuses bourgeoises
Stage en voie ferrée du côté de Drancy
Ensuite les dévisager s'effacer dans des voisinages reclus
Faire exploser un Poitou-Charentes, bonne conscience n'est-ce pas
Détoner la constitution, celle-ci parasite institutionnel
Conglomérer les libres-penseurs de la société urbaine
Pisser à la raie, un bon jet, leur exprimer un mépris sans pitié
UMP, PS, PC, Verts, Modem, etc… Même chiasse
Bien extérioriser sa colère sur document afin de jaillir serein
Littérature technologique sans clôture, cette Europe qui se meurt
Célébrer trois ans de pseudo science chez un petit con boutonneux
Batte-Baseball-er les télévisions et animateurs crasseux
Encore et toujours, continuer à raisonner, différent, c'est plus sur
En contrepartie du rachat de la balance de l'âme
Une fleur éclot
Ligature pollen mourir sous l'abeille
Se munir d'un périphérique contradictoire
Instant T, ou j'appuyai sur la gâchette de mes souvenirs
Vers ce torrent d'angoisse, lorsque je chialai merdeusement
Sur la défaite de mon lit d'hôpital
C'était en intubation bronchique que je compris qui j'étais
Laisser découvrir qui l'on est par ses récits
Laisser s'interroger jusqu'où l'épreuve
Laisser se questionner, quelle fiction, quelle réalité
Tabasse dépression cérébrale sans drogue illégale
Ramasser ordonnance menant au suicide
Occasionnellement nécessaire
Une fleur éclot, l'énumérer, gommer ce moi polluant
Remplacer une femme ne serait-ce qu'une journée
Faire connaissance de ce versant féminin
Toi aussi macho, enfoui sous ta race putride
Cependant légitime
Couche épaisse de connerie, muselant le beau à jamais
Balancer brutalement un recueil de poésie
Parfaire technique dans la discipline des quantièmes
Agiter les textes puis, tranquillement
En avoir rien à foutre, principalement des conséquences
Les offrir au monde telle la générosité de l'enfant oublié
Charlotte, souvent si douce, ou es-tu, je me souviens de toi
C'était en primaire, lorsque j'étais inapprochable, répugnant, loin de la masse
Vint l'acné purulente, pourriture mondaine de l'adolescence
Sans ce calvaire, Damas ou chemin de +
Pas de vocables aujourd'hui, litteratech.com
Éclaircit ma vie faite de monastères intérieurs
Combattant à l'infini contre les milices du démon
Mal intime, soupçonner ce concept d'ennui paralysant
Tout mène à réfléchir une dérive certaine
Bien au-delà, cette lettre qui performe
Alors que la douce ambrée
Descends de l'autocar, des années auparavant
M'escorter ce jour, lorsque je sors un Glock 17 prêt à discourir
Résister à la folie de l'automatique énervé
Cette éjaculation de seconde
Filigrane tendre, fragile, sur lequel nous tenons tous
Revenir à la missive
Amour tu suspectes que je m'égare
De cette table
De cette fenêtre
De cet horizon que je détiens
Nullement
Aucunement
Du tout
Une fleur s'éveille
Il est l'heure céleste d'en deviser
Peu ou proue, lui rendre hommage
L'azur retombe instantanément, va de haut en bas, la transsubstantiation effectue son labeur précis, fin et authentique, chaque année, à la même heure, le deviner, voir ce boulot d'artisans grandir en soi, une rare beauté qu'il est bon de polir, chaque intervalle déclinant dans le macrocosme humain paniqué. Contempler à genoux ce bouton, ses pétales, nos vies qui se défont au fil du temps, périodiquement, renoncer au confort, travail de fond invisible, préparant l'après, cette paix enquêtée de tous. Outrepasser les frontières privées du détective ne servant nullement, pouvons-nous, c'est certain, analyser les gestions déchues, interceptées de diverses propositions erronées de notre part, sueur, transpiration de ce conclave personnel dont on ne s'évade jamais. Elle crie, cette voix, cette cantatrice intérieure, solitaire, elle attend la fleur, puisse débattre ainsi du concept de l'ornement. Voici:
Une fleur daigne poindre, calice formé par l'ensemble des sépales, rattachement au pancréas fiévreux sur lequel l'homme tremble, sanglote ses cigarettes, l'excès d'alcool et de fantaisies inutiles, sans sapidité, sans délectation, sans persévérance donné au temps de la dégustation, compréhension de l'arôme alimentaire, de la selle du fruit, de l'exhalaison de la fleur. Se défoncer dans la lenteur, gloutonnerie de l'inacceptable rapidité, choisie par la prérogative pulsionnelle humaine, le foie, impair et asymétrique avertit d'une alarme sans concession, mais dont l'homme ne respecte point la complainte légitime. L'appareil permet la reproduction, la pollinisation, les croisements avec d'autres plants de la même espèce… Tel légiste et sa recherche d'identité génétique. Laisse poindre le rai de lumière, majestueux, le satellite se délecte de l'empreinte du bitume exagéré, des trous béants creusés par les villes suspendues à l'échelle de Richter, quelle ingratitude tellurique, alors que l'évolution suburbaine la transperce, écorce, épicentre souterrain du caniveau, antagoniste de tout sourire féminin. Le bouton de fleur, à l'opposé de son droit juridique le plus incontestable se meurt, chaque fois, que l'homme lui oppose son pesticide, sa pensée néfaste devinée par la flore tout entière, masse noire, goudron, mazout épais, gluant, collant, encéphale, Amococadis, Erika du système nerveux, saurais-tu emprunter un jour contigu, l'approche, l'amorce de cette synthèse nommée "changement"! Suffit, voici ma dernière lettre, amour, passe en colonne les bataillons de ma vie déchue, ils sont là, les renonculacées, crucifères, papilionacées, campanulacées, labiées, orchidées, roses, également, elle, azalée, brugmansia, lilas commun, magnolia, rhododendron, rosier, violette, tulipe, lys, fleur de l'églantier, périanthe, ovaire, carpelles, pistil, anthère, éveille en moi l'Hanami de la beauté intérieure, de la valeur, des caractéristiques particulières et autres qualités fondues dans ce défaut premier, grotesque, père de tous les vices de ne point m'accepter tel que je suis.
La dernière lettre
Je la chéris et te l'adresse
Non à toi, fiancée dont je ne partagerai jamais la vie
Au grand sacrilège de ma quête perdue d'avance
Voilà, les échecs, le roi fou, survivants devant l'instant ou je pars
Quitter le lieu de chair, enrôler celui des cendres
Manifester compassion, rien qu'une fois
Cette dernière lettre tutelle
Je ne subsisterais jamais, point barre
Muter enfin, pleinement, entièrement sans désir
L'ange blond au loin m'examine, la crainte m'envahit
Moment crucial que de partir
La dernière lettre cérébrale, prochainement spirituelle
L'heure ou… Davantage un corps
Qu'une pétale de fleur, celle-là même qui se détache devant toi
Dans ce jardin fleuri, calme et silencieux
Ou tu lis ces sentences
Alors que je n'existe plus
Totalement absent, entier, réuni et complet
vendredi 21 mars 2008
Les yeux d'Orphée
C'était ainsi, la pluie s'abattait sans discontinuer sur la Capitale Britannique, depuis trois semaines, des trombes d'eau bouleversant Londres et son pavé gris, plongeant la ville dans l'humidité la plus totale. Des cascades ayant sapé le moral de milliers de citadins usé par le rythme mécanique, saccadé, machinal de la mégapole Britannique. Anglais et autres étrangers, tous regroupés sous une immense avarie humide dont le Royaume-Uni avait grandement l'habitude de prendre de plein fouet. Parmi tous les citoyens de la grisaille, une femme attendait que vienne l'heure du départ de son Eurostar en direction de Paris dans les salons d'attentes de la gare de St Pancras. Une femme déterminée, d'un calme relatif, très subjective sous son maquillage de jeune bourgeoise Française. Une demoiselle aucunement perturbée par tous ces tracas météorologiques, une professionnelle de l'adaptation, de tout temps, en toute circonstance. Une véritable statue impassible, déterminée et discrète. Cette discrétion dont elle raffolait. Elle léguait la panique et la lassitude au reste de la population, se contentant de surfer entre les humains comme les hermétiques de la pluie entre les gouttes. Cette femme était le point culminant d'une organisation nommée OBCC, Observatoire de Bizarre City Center.
Lundi 14 Novembre 2012.
Londres: Jeanne Berowitz, jeune rebelle brunâtre, indomptable trentenaire androgyne aux yeux noirs, patientait tranquillement en lisant "The Guardian" et les dernières nouvelles de l'édition du soir. Elle contemplait la photo noir et blanc papier froissé d'un homme a peu près du même âge qu'elle, fuyard s'extirpant au plus vite dans un décor de cité différente, terrien imperceptible accompagné d'une jeune demoiselle éphémère, apparaissant sur le tirage, bizarrement plus cristalline que son partenaire de déroute. L'échappée limpide avait des boucles lui tombant à mi-dos, d'un blond beaucoup plus naturels, à l'opposé radicaux de la silhouette monoïque sombre attendant son convoi à St Pancras Station en direction de Paname City. La photo du couple avait été prise d'une caméra de vidéo surveillance sur un grand boulevard de Paris Sud. La veilleuse numérique les avait capturés de dos. L'édition de ce 14 Novembre titrait ainsi:
Evangelis the Crow returns and takes two more people in Paris!
Pauvres journalistes, soupira-t-elle, aucune inspiration mémorialiste, ils connaissent si peu de ce trio, encore moins de la situation.
Je suis la seule à déchiffrer ces trois entités, pensa Jeanne; ces journaux ne produisent rien de bon, excepté, tenir la population dans la désinformation la plus totale.
Jeanne, contemplait la scène photographique. La pluie continuait de régner sur Londres, une musique intérieure vint l'effleurer alors qu'elle visualisait tranquillement la scène des deux protagonistes s'échappant de concert. Elle dévisagea également, le plus beau des corvidés les accompagnant sur le cliché juxtaposant le reportage. Puis, vint le temps d'embarquer dans l'Eurostar, elle rangea le journal dans la poche extérieure de sa mallette noire et se mêla à la petite foule des voyageurs. Un moine, dans une magnifique aube noire, déambulait devant elle, d'un pas lent et séculier, placide et serein, comme si rien ne pouvait l'atteindre. Elle s'interrogea sur ce que pouvait être le train de vie quotidien d'un homme de Dieu, une énigme jugea-t-elle.
Il y a des choses dans ce monde qui se passent d'explications, les estimer avec douceur, les deviner, puis les reconnaître énigme, était amplement suffisant pour l'intérêt commun. Elle apprécia l'homme dans sa tenue noirâtre se mouvoir, toujours avec la même régularité, douce et délicate.
Lors du court trajet la menant à Paris, elle eut quand même le temps d'analyser son action et les conséquences de sa venue sur la capitale Française. Elle connaissait par cœur sa ville natale, mais détestait y revenir, pourtant, c'est sans hésitation qu'elle accepta cette mission venant de la haute magistrature. Elle aussi, désirait comprendre le mystère de cet homme qu'elle devait arrêter, quant à la femme l'accompagnant, peu importent, pensa Jeanne, elle finirait avec lui, comme lui.
Jeanne Berowitz était d'un calibre féminin décidé à ne rien lâcher tant qu'elle ne serait pas parvenue à ses fins. Dans le milieu fermé très masculin de l'assassinat sur commande, on la qualifiait d'un diminutif assez explicite. Pour la personne poursuivie par ses soins, quelle que soit la proie de Jeanne, elle serait le dernier rempart aperçu, contemplé sur la terre. Jeanne Berowitz avait hérité d'un surnom particulier, lorsqu'elle incorpora la création cérébrale de Sauveur Benelux, d'Hans Fergusson et de tous les personnages dont il se targuait provenir. Elle reçu le cadeau, pseudonyme incisif, le jour où elle introduisit en secret, l'organisation extrêmement éphémère et pourtant bien réelle que l'on nommait l'OBCC, baptisée d'un seul mot, adoubée du respect des hommes de l'ombre de l'agence, dès ses premiers faits d'armes vifs et précis, aux quatre coins du monde. Jeanne Berowitz, était… L'ultime…
Cette jeune femme à la silhouette fragile et douce, en paradoxe total quelquefois, contraste saisissant, juxtaposant avec une haute sévérité dans le regard, mêlée d'une certaine dévotion et responsabilités dans le travail qu'elle menait sans aucune erreur technique depuis cinq ans, portait ce nom frissonnant dans la bouche de toute bête traquée, mais aussi des collègues du milieu.
L'ultime… Prononciation sonnant comme un requiem. Jeanne Berowitz était l'ultime, la dernière représentation en mouvement contemplé par chacune de ses victimes. Un dispositif bien décidé à ne jamais faillir. Et, l'ultime ce soir, avait rendez-vous avec son créateur, mais elle devait agir rapidement, car Evangélis les emmenait déjà vers Bizarre City, là ou aucun code terrestre n'avait foi. Quant à la jeune femme, l'ange blond qui accompagnait Benelux… Tant pis pour elle marmonna Jeanne. Quel gâchis, elle est bien jolie, reprit-elle encore en sourdine. Les règles sont les règles. Pas de trace.
Oui, fausse pioche, mauvaise route, sale hasard, elle aurait dû choisir quelqu'un d'autre. Je serai son dernier regret pensa Jeanne, alors que l'Eurostar avait atteint sa vitesse maximale peu après la sortie du Channel. Elle pensa au moine un instant, de quelle congrégation était-il, à quoi pouvait-il bien occuper son trajet, prier, psalmodier, pourrait-il me confesser? Mes péchés me seraient-ils remis? Elle plongea soudainement dans l'enfance, à l'intérieur d'une vague réminiscence de connaissance catéchétique, puis, se vit jeune adolescente fragile. Une pensée brève, succincte.
Une émotion vint la déstabiliser l'espace d'un moment, une mini-peau de chagrin subtile, puis, elle se concentra sur sa chevauchée punitive solitaire. Elle réfléchit encore un peu. Si jamais tout ceci me mène jusqu'à Bizarre City, les choses deviendraient compliquées pour moi, pensa Jeanne. La règle était claire, ne jamais s'embarquer pour la ville inconnue, elle n'en connaissait pas la cause mais c'était ainsi. Elle avait eu l'écho d'un rapport avec la fragilité, une certaine vulnérabilité de l'être où tout était remis en question, une psychothérapie sous forme de conte qui dévoilait la vérité de l'inconscient, un jugement face à face de sa propre condition, un voyage astral pour goûter au monde de l'au-delà, sans garantie aucune de pouvoir revenir. Jeanne, devenant alors, attaquable, si précaire en dehors de la stratosphère palpable, la limite avait été prédéfinie. Les arrêter avant Bizarre City. Les contenir à la porte du cimetière interdit. Tuer, assassiner, éradiquer Sauveur Benelux, sa folie et l'ange Blond afin de réinstaurer une certaine normalité du réel. Quant à Evangélis, il n'y avait rien à faire et bien tout à craindre. On ne pouvait l'atteindre, trop puissant, trop élevé, trop illuminé, un volatile excessif dans tous les sens du terme, qui plus est sûrement un fantôme, une entité métaphysique extraordinaire, une des seules à pouvoir évoluer dans les deux mondes selon son bon vouloir. Il était l'oiseau le plus prisé de la planète, mais peu s'y intéressait.
Quel était le plan féérique qui se cachait derrière l'oiseau noir, s'interrogea Jeanne?
L'Eurostar entra en gare, une pluie fine mais aucunement comparable au déluge Anglais, tombait avec douceur sur Paris. Le ralentissement ballottait les passagers à chaque passage sur un aiguillage, faisant sursauter le ballast. Le moine caressait un chapelet fin, de bois nacré marron entre ses doigts, ses lèvres murmurant des phrases inaudibles. Une prière répétitive. Le barrage à l'autre, au prince de ce monde, l'illusionniste. Jeanne se refaisait une beauté, une légère touche de maquillage, visage concentré dans sa petite glace de voyage. Elle mit un petit coup de pied léger dans sa mallette; son talon perçut la dureté pleine, du contenu du bagage. Un attirail de sniper se trouvait à l'intérieur. Le joli brun de jeune femme qui mettait son imperméable cintré, oscillait entre casting féminin classique d'un défilé Channel, ainsi qu'une puissante adolescence taillée dans une allure gothique fan de métal.
Paris: Elle descendit de l'Eurostar. Jeanne scintillait tel un rayon éblouissant, avec cette façon de déambuler sur le quai, d'une nonchalance légère, donnant libre cours à une véritable princesse provenue d'une galaxie différente. Quelques regards timides comme seuls les hommes ont le secret, plongèrent discrètement sur ses courbes. Des allusions oculaires rapides, comme si de rien…
Ils la dévoraient des yeux formatant en pleine ville une ébullition cérébrale, caressant une certaine frustration de la non-possession de pareille beauté. Elle se mouvait parmi les autres occupants du train rapide, quand elle l'aperçut au loin. Le moine avait déjà une avance considérable sur elle, nonobstant l'impression de stagner sur place dans son déplacement obscur. Elle pressa le pas, atteint soudainement de la même curiosité maladive qui s'était emparée d'elle, lorsqu'elle l'aperçut à St Pancras Station presque trois heures auparavant. Des regards rechutèrent encore sur ses arrondis, Jeanne pus ressentir pleinement le complexe des mâles ne pouvant palper, ni même effleurer, bavant sur l'état de leurs vies médiocres coincé dans le stress unique de l'amour fantasmagorique par l'œil. Plus vite pensa-t-elle!
Le fusil d'assaut tenait bon, bien calé à l'intérieur de la sacoche noire de Jeanne. Un flingue Américain. Un M16 A1 armé d'un lance-grenade M-203 de 40mm avec une portée pratique de 300m. Sauveur Benelux, qu'as-tu fait de ta vie, est-ce ainsi que tu dois finir, traquée par le volcan aux cheveux noirs?
Elle arriva à la hauteur du religieux, éprise d'un regain soudain de spiritualité, de comprendre, un geste, quelque chose, elle ne savait quoi encore, elle était tout simplement happée par l'homme. Elle reprit son pas structuré, talons claquants discrètement sur le pavé, celui qui donne le tournis à la gent masculine. L'homme en aube noire la devina, tournant son visage sur sa droite et lui planta un regard puissant, globes avec un léger recul dans la cavité craniomètre, donnant à l'éclat de sa vigilance de quoi déstabiliser le plus grand des criminels, voir la plus sensuelle des femmes. Jeanne sentit un frisson la parcourir, ainsi l'homme, le moine, le théologien avait lu la totalité du parcours de sa vie. Et cela, la jeune femme le vit instantanément. Elle recueillit une alchimie commune, sensation métaphysique qu'elle partagea avec le frère, dans une période éclair qui parut durer des décennies. Elle vivat pleinement son âme sortir de son corps, allant vers une zone de paix jamais égalée, elle fut littéralement aspirée, là, à l'intérieur de ce hall de gare. Les yeux du moine l'ingéraient intégralement. Il se trouvait avec elle dans cette ceinture impalpable, comme pour lui montrer quelque chose, autre chose, il voulait lui élargir sa vision. Il était là pour l'enseigner. Puis, tout retomba, la sensation mystique s'évapora. Celui-ci tournait encore les grains du rosaire dans sa main gauche et portait une attache et case dans l'autre. Voici, l'homme la contemplait, l'avalait des yeux en pétrifiant Jeanne d'un faisceau lumineux phosphorescent prépondérant. Un rai rempli d'amour. Une vigilance percutante s'abattit sur la femme au M16.
Elle le toisa, non sans vaciller. Le prêtre ouvrit la bouche en continuant de la fixer.
- L'ultime n'est-ce pas? Le religieux à la cinquantaine paisible la contemplait intensément. L'ultime…
Il savait tout d'elle. Qui était cet homme, qui l'envoyait, un espion, une doublure, un faux religieux, qui était-il? Il poursuivit avec la même aisance déterminée.
- Bonjour, Jeanne.
Berowitz tremblait, se remettant de l'expérience qu'elle venait de vivre. Elle tenait sa mallette précieuse plus fortement, des voyageurs pressés les traversaient de toutes parts sans prendre garde à la scène.
- Qui, qui êtes-vous?
- Père Vladimir… Enchanté.
Rendez-vous devant les portes du cimetière de Bizarre City, Jeanne. Ne craint rien, je suis avec toi. Il est temps de me suivre maintenant, mais pour le moment, je dois partir, j'ai affaire, alors à bientôt. Le moment venu.
La silhouette de celui qui se nommait Père Vladimir filait dans la gare du Nord, une larme vint couler le long de la joue de la jeune femme, tétanisée, pétrifiée par les paroles et la puissance émanant de l'homme de Dieu. Tout s'était passé si rapidement, vif, avec une telle intensité. Bizarre City, l'ultime! Jeanne voulut le rattraper, mais une force l'en empêcha. Père Vladimir avait déjà disparu emportant avec lui le secret des informations concernant la jeune femme, la situation. Le temps s'arrêta. Jeanne Berowitz pour la première fois de sa vie eut un jaillissement lumineux, une interrogation précise, ultime, commune à tous les êtres. Elle allait avoir trente-deux ans et se questionna sur ce qui la faisait courir dans cette vie complexe. Elle perçut soudainement des bribes de messages lui parvenant, n'arrivant pas à les détacher de la cohue de la gare.
Encore un souvenir. Les voix persistaient, des drôles de phonèmes. Père Vladimir. Elle contempla au loin, dans la foule. Elle réfléchit sur l'arme et les conséquences qui découlent de celles-ci. Tant de vies brisées pensa-t-elle! Sauveur, qui es-tu pour que je vienne à toi? L'ange Blond, parlez-moi!
Rendez-vous devant le cimetière de Bizarre City avait dit le moine. Elle n'oublierait jamais son attention particulière, d'un bleu dense, capable de feuilleter n'importe quel être comme un livre. Ils allaient se revoir, c'était avéré, là-bas, devant les grilles épaisses de la nécropole aux défunts. Elle sortit de la gare du Nord, maintenant concentrée sur sa mission. Arrêter Sauveur Benelux et l'ange Blond. L'ultime monta dans un taxi Mercedes, puis la berline allemande se fonda anonymement parmi le reste du trafic, femme anodine, discrète, comme l'ultime l'appréciait.
samedi 1 mars 2008
Fenêtre ouverte sur le monde
Coudes, rebord clarté éparse
Contempler magie, pluie qui choit
Galvanise bitume, cliquetis de l'horloge
Comtoise, périphérique de l'avenir
L'iris plus haut cité
Dévisage composition minérale
Cristallin de l'œil, trop sec pour pleurer
Humidifier, dilater pupilles
Orage en conséquence, gronde sur l'univers
Eau démesurée envahit les villes
Pleure l'homme des terrains rocailleux
Sécheresse aride des hauts plateaux
Faucon noir abattu sur Mogadiscio
Recueillir l'inspiration, l'Esprit Saint
Observer sa descente intérieure
Et…
Gouttes, armée impétueuse
Larmes du ciel, rafales, lamentent, horreur tellurique
Ondée gigantesque, l'homme évanoui
Amusé, regarde claquer les gouttes
Eau malmène condition
Jeune femme trempée sous l'abribus
Vieille infirme pompe l'alarme
Pouce encore fonctionnel
Ultime survie hospitalière, phalange sauve
Sonnerie retentit, infirmière jaillit
Calmer douleur, l'urine, presse
Contre-corps impotent, batailler
Quémander bassine, acte purement corporel
Briser l'intimité, défaillance cerveau, vacille
Faucon noir, deuxième du nom
Explose sous missile sol-sol
Tinte charge revancharde
Sous le toit, Paris
Averse dévale capitale trempée
Seine déborde, engloutit médiocrité citadine
Manifestation conflit perdu
Individu hurlant
Cause abandonnée hors hexagone
Pleure déluge grandiloquent
Reluquer compte bancaire
Chaque fin de mois
Ignorant, musique Celtique
Quand Bag pipe joue funérailles
Destin brisé, prendre garde
Quémande inspiration
Écriture, survie en découle
Choucas s'évapore, brise l'air
Sauveur Benelux, Orphée Bogdanov, duo du banc
Plaisir engendré, claquement d'aile
Brise quiétude Mégapolis
Odieuse sentence, véhicules pressés
Azotes asphyxiants, l'obsédé accélère
Déni de misère dans carcasse roulante
Oppresse, décompose, dissection poèmes entre roman
Bizarre City pactise mécanique
Les Yeux d'Orphée Bogdanov
Lorsque corvus entrelace l'azur
Troisième Faucon noir shooté d'insubordonné
Enfin soumettre
Enfin soumettre l'ennemi
Enfin soumettre l'ennemi à l'état
Expérimenter pronunciamiento millénaires
Éventrer coups de flingue automatique
Prédominance Glock 17
Presse-papier
Pensée unique médiatique
Finalement, flammes, poudre s'exprime
Moisissure gauche/droite gaudriole
Marianne, potes, à vomir torchon moisi
Sommeille en l'homme, poète de toujours
Nonobstant fonctionnaire bourgeois
Arrière-faix âme prodigieuse l'étincelle
Fond du trou, boue, goudron, puanteur noirâtre
En ce lieu est le diamant
Placenta et membranes, expulsion du fœtus
Or millions de carats, le gamin
Lui, les purs assimilant l'ondée
Déferlants, les yeux d'Orphée contemplent
Harponner exemple, se confesser
Se délivrer du mal, le verbe, prend forme
Quand la parole prend feu, Cassingena-Trévedy l'écrit
Particularise, volatile noir
Se fondre au loin, puis disparaître
Ressusciter ailleurs, sans visualisation omnivore
Simplement croire, regard, n'examine point
Hors voix terrestres, abusivement limité
Recueillir pulsations d'ailes imperceptibles
Evangélis le messager, voici son patronyme
Généralité récurrente, définir concepts
Accoudé à la fenêtre ouverte sur le monde, l'enfant laisse son imagination s'évanouir, embraser l'infini, libre, totalement délivré de ses futures névroses d'adultes, se tremper dans l'inconnu crée contre la tempête, tornade déferlant sur la ville cimetière, cité du rêve, expliquant les légitimités de l'humain, philanthrope en marche vers son destin, unique môme face au bleu océanique du firmament, azur idolâtre, retiré, il s'imagine, change le décor de Bizarre City, thématique des chapitres entre prose poétique retraçant une certaine forme humaine, procédure défunte, rendant hommage au fils, à la fille, maintenant adultes, système cognitif contemplatif, atteignant la perfection instruite de Dieu, connaissance originelle, c'est ainsi que l'enfant à sa fenêtre change le décor de ce déluge grisâtre, vaste chantier humide, censé attrister un peu plus, la capitale désoxygénée.
Sauveur Benelux confond Hans Fergusson, alors l'enfant cristallise le bleu du cerveau compressé d'Hans, Paris n'existe plus, Orphée demeure, dorénavant Bizarre City enseigne la rhétorique de l'homme irréprochable, mais, l'enfant, prototype à sa fenêtre, se souvient, mélancolie du père et de la mère, persévère dans sa chute du bleu. C'est sans connaître la pluie reprenant le dessus, rais de lumières entrecoupées de violentes bourrasques, essentialité de désirer grandir, comme s'étonnerait la dame aux funérailles. On vit, on souffre et l'on souffre encore…
L'enfant à la fenêtre ouverte sur le monde lui supplie de ne pas pleurer, providence, tu n'as rien à craindre lui dit-il! Puis, dans une douleur impossible à contrôler, il la regarde déverser des larmes, des torrents comme ce déluge sur la capitale.
- Mieux vaut ces flots trempés!
Malheureusement, ou pas, solution du mal qui s'extirpe corporellement, ne pas envenimer les choses pour la vieille dame, c'est assez dur ainsi. Coriace est le passage terrestre d'Hans Fergusson, c'est là que le témoin se révèlera dans l'analyse de Bertrand Fitz Patrick, mais là-haut, bien plus haut, dans les contours de Bizarre City. Le ciel azur revient par éclairs succinct, l'enfant ne maîtrise pas totalement son encéphale, laisser les trombes d'eau dévaler, ne plus contrôler le mirage du bleu cobalt, juste analyser… L'eau.
Flot, pluie, lustre, onde, orient, parfum, pisse, aqua simplex, alcool, suc, lotion, lavure, cristallin, larme, flotte, brillant, boisson, bain, baille, sueur, ablution, douche, piscine, lavage, affusion, remède, rivière, thermes, sauna, toilette, trempette, baignade, arrosage, immersion, illutation, hydrothérapie, hammam, conche, caresse, caldarium, tube, infusion, thé, inauguration, consécration, purification, régénération, ondoiement, aspersion, renaissance, onction, initiation, engagement, début, révélation, bénédiction, homme, eau…
Guy-Quartz Aloïsio, le sniper, resta caché en haut de la BT tower de Londres toute la nuit, puis, à l'aube, c'est là qu'il la vit, ange blond lumineux comme jamais. Hanz Zimmer en cet instant critique, continuait la remise d'une performance n'appartenant qu'à lui-même, ondulant son don dans des soundtracks universels. L'homme, point un rebelle, ni agent du privé, mais, mercenaire impitoyable, redonner l'éclat à la capitale, tel est son but, dans son viseur, Orphée, de loin, l'enfant à la fenêtre ouverte sur le monde, distingue d'une vision surmultipliée, convergences, divergences surhumaines cependant chair. Il scrute la scène, la prédit, traverse oculaire-ment la Manche, la balle censée partir du royaume désuni, s'infiltrer dans le tunnel sous la manche, suivre les dérives de la campagne française, analyser la sociologie de l'hexagone, contrit une pensée Napoléonienne, ouïr le cliquetis des millions d'ordinateurs, longer l'autoroute, se fondre dans la banlieue nord, s'immiscer sournoisement dans la capitale, frapper en plein cœur Orphée Bogdanov, l'envoyer à Bizarre City, qu'elle n'informe pas ce bicéphalisme Fergusson/Benelux afin que point d'individualité n'y ait accès.
L'ange blond est là, près du pont Alexandre trois, plus loin, Sœur Marie K. de son timbre magique envoûte l'Eglise de la Madeleine, représentation unique de cette année 2008 voix des anges, mêlée à la construction des pierres sacrées. Pietra, mutant matière, extirpée des cordes vocales. Zéro commentaire de l'enfant, son ouïe se laissant fasciner par l'octave magique, Orphée ressentit la balle prête à détoner, projectile foudroyé d'un PAPOP, fusil d'assaut développé par l'armée Française dans le cadre du Projet FELIN. Très simple. Calibre 5,56 millimètre OTAN, lance-grenade 30/35 millimètres, 1500/1800 m/s. Littéralement éradiquer Orphée, l'ange blond, de la surface de la planète. Mission Aloïsio, ruine la pluie dégouline sur son poncho, protection cascade, son œil noisette, mélange d'automne du globe, pupille alignée dans la lunette Scrome J4. La dévisager. Une fois de plus, la contempler ultimement avant l'éradication blonde. Guy-Quartz, distingua de l'autre côté de la Manche la voix de Sœur Marie, elle pénétra son tympan, douleur vive, pouvant muter en grande douceur s'il se ravisait. Le sniper n'avait pas pris avec lui de Solacy, vitamine A, liaison ORL, afin d'enrayer ce contre-ordre de dernière minute. Le phonème de Marie K. ou catapulter Orphée, la révoquer à Bizarre City, isoler Benelux, coûte que coûte, mais, cette harmonie, une suavité…
Le ciel avait choisi un costume humide sur les deux capitales, affranchir des torrents d'eau sur Guy-Quartz, le faire revenir à la raison, lui dépêcher Evangélis et la répercussion de Sœur Marie. Guy-Quartz commençait à trembloter sous les rafales diluviennes, l'oeil devenait moins précis, compact et immobile dans l'alignement de sa cible. L'ange blond ressentit le canon du PAPOP à quatre cent quatorze kilomètres de là, elle perçut l'homme commençant à suer intérieurement, il avait froid, un spasme le parcourut, elle pivota, puis le détailla, plantant sa concentration féminine bleue azurée dans le visage du sniper, une vision réparatrice, salvatric
